Au cœur de la réserve de biosphère du delta du Saloum par les artères du Sénégal naturel et culturel : JOUR 5

Jour 5 : Visite de Saint-Louis du Sénégal


Motivation du participant :
- Recherche d’authenticité historique et culturelle.

Principales attractions :
- Une des six villes africaines classées patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO
- Architecture coloniale, originale mais menacée
- Population hospitalière
- Patrimoine urbain, architectural, historique et culturel parmi les plus remarquables de l’Afrique de l’Ouest
- Guide dynamique et instructif.

Le site :

Historique :
Saint-Louis est l'une des plus anciennes occupations européennes au sud du Sahara.

Baptisée en l'honneur de Louis XIII, des Normands installent un comptoir dès 1659 sur l'île à l'embouchure du fleuve.

La ville se développe et devient le centre du commerce et le point de départ des expéditions coloniales. Elle prospère grâce au commerce (gomme d'acacias, esclaves), souvent détenu par les "Signares", riches métisses à la beauté légendaire. Apparaissent alors de superbes demeures aux tons ocre jaune, avec escaliers majestueux, balcons ouvragés, patios fleuris.

A la fin du 18ème siècle, Saint-Louis compte plus de 10 000 habitants, dont les fameuses "Signares", des femmes métisses qui étaient les épouses ou concubines des riches marchands.

Elle connaît son apogée à la fin du 19ème siècle : capitale du Sénégal puis de l'Afrique Occidentale Française.

Première capitale de l'Afrique Occidentale Française jusqu'en 1902, l'histoire de Saint-Louis est liée à celle de la colonisation. Considérée comme la vitrine de la France en Afrique, elle fut érigée en commune de plein exercice et jouissait ainsi d'un statut particulier.

Le général Faidherbe fut son gouverneur le plus célèbre de 1854 à 1865. Il commence la conquête et la modernisation de tout le pays. Mais le déclin progressif commença en 1902

Présentation :
A 260 km au nord de Dakar, Saint-Louis est une ville de 171 263 habitants (estim. 2007).
Porte du désert, elle est adossée à l’Océan Atlantique et borde le fleuve Sénégal.

Depuis 2000, il est l’une des six villes africaines classées au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

L'ancienne capitale coloniale ne manque pas d'originalité, découpée en trois parties très distinctes autour du fleuve Sénégal : une partie sur le continent (où est basé le marché de Sor), la ville historique sur l'île et les quartiers plus populaires sur la langue de Barbarie. Le calme et le charme des anciens quartiers coloniaux de l'île contrastent avec l'animation qui règne dans le quartier des pêcheurs, situé sur la langue de Barbarie.

Aujourd'hui, cette cité magique a hérité d'un patrimoine architectural unique : ses maisons ornées de balcons de bois ouvragé, le palais de la gouvernance dont l'architecture rappelle qu'il fut un fort, la très symbolique place Faidherbe ainsi que le pont métallique du même nom, l'ancien conseil colonial, l'hôtel de ville et la maison des sœurs en sont de parfaites illustrations.

 

Pour plus d'infos et d'images, voir Saint-Louis du Sénégal, une cité magique

Activités :
Visite de l'île de Saint-Louis
Lorsque nous arrivons à Saint-Louis nous découvrons en plus d'une société dont les manières d'être et la convivialité sont si singulières, un trésor d'infrastructures et d'édifices, témoins de l'histoire glorieuse de la veille cité.

Nous accédons à l'île par l'unique liaison, le pont Faidherbe. Ouvrage métallique de 507 m de long et de 10,50 m de large, le pont est composé de 7 travées en arche dont la deuxième à partir de l'île est conçue pour pivoter autour d'un axe fixe afin de laisser passer les navires.
La chaussée centrale est bordée de deux trottoirs piétonniers. Vieux d'une centaine d'années, le pont, fut inauguré le 19 octobre 1897.

Lorsque nous arrivons dans l'île en descendant du pont Faidherbe, la vue est remplie par un bloc d'édifice, communément appelé Gouvernance. De l'ancien fort colonial, subsistent encore des murs à la base très épaisse, vestiges des premiers contreforts, visibles de la rue Milles Lacroix.

A l'Ouest, la Gouvernance s'ouvre sur une place ombragée portant le nom du Gouverneur Faidherbe dont la statue trône imperturbable dans le jardin. La place Faidherbe d’abord appelée la Savane ensuite place d’Orléans bordée par les casernes (1837) et comme veillant sur tout cela, Louis Léon Faidherbe, Gouverneur du Sénégal de 1854 à 1864. Sur cette place, le Général Blanchot y célébra la victoire d’Austerlitz.

De part et d'autre de la place centrale de la Gouvernance les deux quartiers de l'île : le Sud ou Sindoné et le Nord ou Lodo. Au file du parcours nous pouvons découvrir des édifices anciens à l'architecture typique.

Dans le Sud, première zone d'implantations Européenne appelée également kertian (du nom chrétien), on tombe dès les contournements de la Gouvernance sur la cathédrale.

Consacrée en 1828, elle fut la première église de l'Afrique de l'Ouest. Nous pourrons admirer sa façade néoclassique, son porche avancé et son fronton surmonté d'une statue de Saint-Louis.

Sur le même alignement vers l'Ouest l'ancienne école des Frères Ploërmel (1841), devenue au début du siècle établissement Peyrissac, conserve encore ses façades d'époque.

Vers le "Grand bras", un magnifique bâtiment blanc au balcon en fer forge richement décoré ; d'abord siège du Conseil Général, il devint Conseil Colonial puis Assemblée Territoriale, Assemblée Régionale et depuis peu Centre Culturel Régional.
Une fois franchie la lourde porte en bois, nous pourrons admirer le superbe plafond de bois à caissons peints.

Vers la Pointe Sud, nous pourrons découvrir l'ancienne maison des sœurs de Saint-Joseph de Cluny devenue aujourd'hui Service Régional des Impôts. Elle offre l'une des plus intéressante originalité de Saint-Louis avec son escalier monumental aux deux volets circulaires.

Avant d'arriver à la Pointe Sud, halte au Lycée Ameth Fall dont les bâtiments construits en 1840 sur l'emplacement du premier cimetière chrétien, abritèrent successivement l'hôpital civil puis le collège Blanchot avant de devenir Lycée de jeunes Filles. Sa cour majestueuse, l'équilibre de son architecture offre une sensation de douce intimité.

Accolé au lycée, un bâtiment plus moderne, le Centre de Recherche et de Documentation du Sénégal (CRDS), ex Institut Français d'Afrique Noire (1954), abrite une importante bibliothèque, un trésor inestimable d'archives de l' A.O.F. Nous ne manquons pas la visite du Musée et de la galerie d'exposition d'art moderne.

De l'esplanade du CRDS, la vue est large et belle sur la plan d'eau qui s'écoule vers l'embouchure. Au delà, sur la langue de Barbarie, le quartier populeux de Guet N'Dar qui organise chaque année de grandes régates, le cimetière et l'hydrobase d'où partit Jean Mermoz pour sa traversée de l'Atlantique. A l'Est les quartiers plus récents de Sor, le St-Louis moderne.

Retour vers le quartier Nord par les quais qui longent le grand bras. Commencée en 1830, la construction des quais tout autour de l'île fut renforcée par Faidherbe et achevée par Roume. D'abord en bois puis de plus en plus en maçonnerie, ils permirent d'assurer la voirie et la salubrité de l'île de même que sa protection définitive contre les inondations.

Sur ces quais étaient débarquées et embarquées des marchandises qui faisaient l'objet du commerce fluvial. Des entrepôts alignés en enfilade, particulièrement sur les quais Nord témoignent de la prospérité d'antan.
Ces maisons de commerce bordelaises et marseillaises occupaient généralement tout un îlot avec cour intérieure fermée ; côté fleuve des entrepôts où étaient stockées les marchandises débarquées ; côté rue, des boutiques à grandes portes en bois et vitrine au rez-de-chaussée et appartements des négociants à l'étage avec vastes terrasses et balcons à balustrade.

Au bout des quais Nord, après l'Ecole Française, une grande silhouette en fer se détache, c'est la grue à vapeur de 20 tonnes.
Témoignage vivant de l'intensité du commerce fluvial de l'époque, cet ouvrage à vapeur est probablement l'un des rares existant encore au monde.

Plus loin, à gauche, le camp El hadji Omar, ex. camp Archinard, abritant l'ancienne poudrière et les cantonnements des "Tirailleurs Sénégalais".
De la Pointe Nord, vue sur l'amont du fleuve, juste en face, l'île de Bopp Thior où fut installée la première briqueterie de la région.
En revenant vers le centre ville, à la limite des allées, la Grande Mosquée, de style maghrébin fut édifiée par l'administration coloniale à l'intention de la communauté musulmane grandissante. Le clocher logé dans son minaret gauche reste une énigme.

Plus au centre encore, deux édifices voisins sur la rue Marie Parsine Abdoulaye Seck (ex. Brière de l'Isle) : le Palais de justice construit en 1841 dont l'escalier monumental et le portail en fer forgé frappent le visiteur, et la Maison militaire à l'architecture si bien conservée. Ce dernier édifice, dit-on, aurait été bâti sur l'emplacement de l'habitation du gouverneur Schmaltz rescapé du fameux radeau de la méduse.

Tout au long du parcours de découverte, le visiteur aura remarqué le caractère typique des habitations.

C'est d'abord la maison à étage et toits de tuiles avec au rez-de-chaussée de grandes pièces aux lourdes portes en bois servant de boutiques. Côté rue comme côté cour, les appartements en enfilade aux plafonds hauts en bois et aux nombreuses ouvertures donnent sur des balcons avec balustrades en sapin et en fer forgé. Par temps chaud, l'intérieur offre une grande fraîcheur. Et l'on imagine la vie douce et aisée que les Signares, ces belles métisses qui font encore rêver, menèrent en ces lieux.

C'est ensuite, plus loin du centre ville, au Nord comme au Sud, la maison basse dite maison portugaise. Généralement petite, construite en dur, elle est couverte en tuiles rouge à double pente et souvent en terrasse. On y accède par un porche décoré avec un portail en bois. A l'intérieur les chambres alignées s'ouvrent sur une large véranda fraîche.

Une fois la visite de l'île achevée, nous pouvons traverser le pont Servatius en direction de la Langue de Barbarie pour installer notre bivouac et préparer notre déjeuner.

Une fois bien reposés, c'est la promenade et la baignade à la plage de l’hydrobase, lieu de détente et lieu historique de départ des fabuleuses épopées transatlantiques de l'Aéropostale de Jean Mermoz.

 

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