Au cœur de la réserve de biosphère du delta du Saloum par les artères du Sénégal naturel et culturel : JOUR 3

Jour 3 : A la rencontre du Phaéton et des charmes de l'Ile


Motivations du participant :
- Recherche d'authenticité naturelle et culturelle
- Découvrir, connaître et acquérir une expérience positive
- Voyager équitable et responsable
-
Contribuer à la sauvegarde de la nature et des cultures.

Principales attractions :
- Un site classé parc national
- Phaéton, espèce d’oiseau rare, remarquable et native
- Végétation abondante, variée et remarquable de par sa morphologie
- Milieu calme, isolé d’une beauté naturelle avec une facilité d’accès des zones d’observations par la présence de sentiers battus
- L'intégralité de la visite se fait à pied sans aucune difficulté
- Architecture géologique exceptionnelle
- Faune ichtyologique abondante, des fonds marins rocheux peu profonds
- Possibilité d’activité balnéaire : baignade, plongée
- Guide dynamique et instructif.

Activités :

Au réveil le lendemain, nous préparerons notre petit déjeuner, puis nous irons découvrir le joyau de l'île : le Phaéton. Nous progresserons à travers des sentiers battus pour ne pas dégrader l'écosystème.

Une flore exceptionnelle à vue d'œil
La végétation de l'île aux Serpents est très diversifiée. Elle est composée de strates arborée, arbustive et herbacée. La strate herbacée est de loin la plus importante. Ceci fait de l'île une steppe dominée surtout par Andropogon gayanus et Brachiaria distichophylla.

La nature argileuse et rocheuse du sol fait que la végétation est composée d'espèces xérophytiques. Cette végétation est principalement composée de plantes à latex et de baobabs. Les premières sont dominées par les euphorbiacées telles que Jatropha chevalieri et Euphorbia balsamifera. Nous noterons la présence d'espèces à feuilles réduites telles que Cadaba farinosa, Prosopis chilensis. Des espèces à feuilles dures y sont également rencontrées comme Boscia senegalensis. Toutes les caractéristiques de ces plantes sont une adaptation à la sécheresse car elles contribuent à la limitation de la perte d'eau de la plante par l'évapotranspiration. Cette adaptation à la sécheresse du milieu fait que beaucoup de plantes perdent leurs feuilles pendant la saison sèche et ne les retrouvent qu'à la tombée de la pluie.

En cours de route, nous ne manquerons pas de remarquer que les espèces ligneuses sont quasiment rampantes, ce qui est exceptionnel.

En effet, la végétation qui se développe sur un sol à substrat basanite et pauvre, diffère de celle de la terre ferme par sa taille et sa forme.

Les ligneuses, dominées par des baobabs nains (environ 2 mètres de hauteur) et des plantes d'origine américaine telles que l'euphorbiacée à latex, ne se disputaient pas les quelques blocs sableux mais s'accrochaient sur les rochers. Cependant, les rochers en forme de pics n'arrivaient pas à les garder et elles étaient obligées de s'agripper sur la pierre. Mais l'érosion a déversé les rares grains de sable, présents sur les rochers, dans les ravins et les crevasses où se réfugie désormais la flore tout en développant des stratégies de survie : rester à ras du sol.

Cette morphologie des arbres s'explique par le fait que les courants marins y soufflent très fort, le sol est de type basaltique et l'épaisseur de la couche de sable est très fine ; ce qui fait que les racines ne peuvent pas aller en profondeur, d'où la petite taille des espèces ligneuses dont les fruits ont néanmoins le même goût que ceux du continent.


Voyage à travers les âges
Toujours sur notre chemin, des vestiges protohistoriques tels que des tessons de poterie, des amas coquilliers, nous feront voyager à travers les âges.

Des silex et des outils taillés dans des roches comme la dolérite et la basanite ont été retrouvés dans l'île, mais ils sont actuellement conservés au niveau de l'Institut Fondamental d'Afrique Noire (IFAN). Ils témoignent d'une présence humaine sur l'île qui daterait du Néolithique (ère vieille de 3000 à 9000 ans).

Les amas coquilliers ainsi que de très nombreux tessons de poteries attestent que la présence de l'homme sur l'île remonterait à 1000-2000 ans. Ce sont très certainement des pêcheurs de passage qui abandonnèrent ainsi leurs "déchets de cuisine", certains vestiges d'espèces de mollusques étant inexistants dans les îles mais venant du large des côtes. La quantité faible des amas qui sont peu étendus, dénote une occupation humaine faible et épisodique.

L'existence de ces îles a été signalée aussi au 15ème siècle par les premiers navigateurs qui partirent à la découverte des îles africaines. Ils visitèrent et décrivirent les îles de la Madeleine. Les premières descriptions furent relatées par Gomes Eanes de Zurara en 1444 qui remarqua la présence de nombreuses chèvres. Les récits se multiplièrent par la suite, on peut d'ailleurs relever un certain nombre d'anecdotes intéressantes comme "l'île est pleine d'oiseaux de mer, de pigeons etc., en si grand nombre que l'île entière, couverte de fientes, semblait aussi blanche qu'une île de craie" (W. Towrson, 1557) ou encore que les îles furent "cédées à perpétuité à la Couronne de France" (Traité signé par le Roi de France en 1765) par le Damel du Cayor, un ancien royaume du Sénégal.

La Case de Lacombe
Toujours sur les traces du passé de l'île, nous verrons la case de Lacombe, vieille de 250 ans et construite avec des débris de roche. Cette construction inachevée est le symbole de la volonté du génie de l'île, Ndeuk Daour Mbaye, de ne pas accepter d'habitat sur ces lieux.

En effet, Lacombe était un français qui voulait vivre dans l'île et y développer la culture de patate, alors il s'était mis à y construire son habitat. Il voulait d'ailleurs y intéresser les populations indigènes de Soumbédioune (les lébous). Seulement, à chaque fois qu'il croyait sa case achevée, il la trouvait le lendemain quasi effondrée. D'après l'explication de certains anciens, on trouvait à chaque fois à côté des effondrements un bâton et des excréments humains. Cela signifiait d'après eux, que s'il persistait dans son idée de construire, il verrait les conséquences fâcheuses de son entêtement : le génie ne veut pas de cohabitation. Et les ruines de cette case sont toujours présentes dans l'île.

A côté, se trouve l'ancien poste de garde devenu maintenant un refuge pour les tarentes (Tarentola annularis) qui sont une variété de salamandres. Là, il y avait en permanence, toutes les semaines, des agents du parc dont le rôle était d'assurer la protection et la sécurité de l'île, mais depuis 1985 ceci ne se fait plus par manque de moyens. Sur notre chemin, nous pourrons trouver des couleuvres sifflantes non venimeuses.

Par la suite, nous ferons un détour vers un site jadis occupé par d'autres types de reptiles : les tortues.


Petit détour à la plage des tortues
Nous descendrons jusqu'à une zone qui fut le lieu de reproduction de la tortue verte (Lepidochelys kempi) : la plage des tortues. La disparition de plage de sable par le fait de phénomènes naturels tels les fortes marées a fait changer de lieu de ponte les tortues. En revanche, actuellement, il n'est pas rare d'observer cette espèce de tortue en mer à proximité de cette plage.

Nous avons sur cette plage un lieu de retraite spirituel fait de pierres côtières où viennent prier souvent certaines personnes en raison de sa tranquillité.

Le Phaéton en vol
Sous un ciel bleu au soleil bronzeur, nous guetterons le Phaéton en vol. Vous reconnaîtrez facilement ce bel oiseau rare d'environ un mètre au plumage blanc avec des taches noires par endroits. Sa queue est constituée de deux longues et gracieuses rectrices centrales. Son vol est caractérisé par des battements d'ailes amples.

Mais chers observateurs, préparez-vous à être observé à votre tour ! Car le Phaéton, "paille en queue" n'a pas peur de l'homme. Il se laisse approcher et n'hésite pas à venir à la rencontre de son observateur, qu'il regarde avec curiosité.


La crique Nord, les cormorans et les aquariums naturels
Ensuite, nous remonterons pour aller visiter la deuxième crique de l'île aux Serpents : la crique Nord.

En allant à cette crique, nous pourrons éventuellement observer une zone de nidification du Grand Cormoran. Les cormorans, changent de lieu de nidification chaque année à cause des insectes qui attaquent leurs nids se trouvant au sommet des rochers.

Nous pourrons admirer également à la crique Nord des aquariums naturels. Ce sont de petites cuvettes sur les rochers qui emprisonnent l'eau. De couleur verdâtre, ils prennent souvent en otage de jolis petits poissons. A ses environs, nous pourrons observer quelques endroits qui servent de réfectoire aux milans noirs.

Pendant l'hivernage, il y aura possibilité d'y voir des tortues terrestres.


Les Phaétons dans leurs nids
Nous continuerons notre chemin en direction de la zone de nidification des phaétons, en prenant toutes les précautions requises pour ne pas les déranger. Dans des moments inoubliables que nous essayerons d'immortaliser, nous observerons les phaétons dans leurs nids. En effet, l'île de la Madeleine offre des conditions favorables à la nidification. Les côtes, constituées de falaises, abritent de nombreuses cavités dans lesquelles viennent nicher ces phaétons.

Il existe 500 nids dans l'île pour un millier de phaétons. Le Phaéton pond juste un œuf qu'il couve deux mois en permanence car s'il laisse l'œuf à l'air libre, il se gâte. L'incubation varie de quarante deux à quarante quatre jours. Elle est assurée tant par le mâle que la femelle qui alternent en moyenne tous les six jours. Quarante jours après l'éclosion, le petit commence à voler. Le Phaéton n'a que deux périodes de ponte dans l'année, c'est à dire tous les six mois.

Le baobab parasol
Situé non loin de la crique Hubert, l'observation du plus gros baobab du pays de par la forme rampante fera l'objet de notre dernière étape de visite.

Activités balnéaires
Après une visite très instructive, nous profiterons des moments de détente pour nous baigner dans ce milieu sans danger et pour pratiquer la plongée sous-marine.

Pour les adeptes de la plongée sous-marine, un masque et un tuba que nous mettrons à leur disposition suffisent pour jouir de ce don de la nature en toute sécurité et s'émerveiller de la richesse et de la beauté rare de ses profondeurs. En effet, ceux-ci disposent d'une diversité faunique très intéressante composée de mollusques, de crustacés, d'échinodermes et de poissons tels que le Perroquet vert, le Mérou rouge, la Girelle atlantique etc.

Retour au poste de commandement du parc et compte rendu de notre visite
De la crique Hubert nous prendrons la pirogue qui nous ramènera au poste de commandement. A l'arrivée, il sera tenu une séance de restitution et d'échanges d'idées sur la visite de l'île avec le conservateur et les écogardes. Nous y prendrons notre déjeuner et ferons une petite sieste pour ceux qui le désireront.
Vers 16 heures, nous irons au Lac Rose où nous passerons la nuit en bivouac.

 

 

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