LE "HUTENDUNKAYE" OU LE MUSEE DE LA CULTURE TRADITIONNELLE DIOLA DE MLOMP - Les facettes de la culture du Kassa


Ce sont des pièces et autres articles rares de la société animiste diola qui sont entreposés dans une case à impluvium qui fait office de musée sur la grande place publique de Djikomole à Mlomp. Des objets qui permettent de faire un voyage dans l'univers du « traditionalisme » et de « l'animisme ». 

Le musée de la culture traditionnelle diola de la grande place de Djikomole plonge le visiteur dans l'univers du diola animiste avec une vingtaine de pièces inédites et de quatre grands fétiches qui donnent un cliché sur l'organisation sociale des communautés traditionnelles. D'abord la case à impluvium conforte le bien fondé de l'utilisation du bois du fromager dans l'habitat. Les portes, les fenêtres et la charpente de la case à impluvium ont toutes été taillées sur du bois de fromager. L'intérieur du musée a été construit à l'image des cases traditionnelles qui offrent au bénéficiaire des atouts pour faire face à l'agresseur et à toute invasion. On ne peut pénétrer dans une case à impluvium sans perdre deux bonnes minutes avant de se familiariser avec l'environnement immédiat. Un temps qui permet d'identifier l'intrus et de réagir en conséquence. Passé ce temps de latence, la lumière du jour vous viendra de la partie centrale de la case qui est ouvert au ciel dans l'optique de recueillir dans le même esprit l'eau de pluie et tous les avantages qui viennent de l'extérieur. Le conservateur du musée, déroule quotidiennement son exposé face aux visiteurs et autres personnes en quête de découvertes. Il explique la culture diola sous toutes ses formes avec à l'appui les pièces et les fétiches pour donner un sens à ses propos. Tous les articles exposés sont des réponses des communautés diolas face aux difficultés de la vie. La cohabitation entre tribus hostiles a tout naturellement développé des réponses du côté de l'armement. Le musée expose des lances utilisées jadis pour faire la guerre dans les engagements de corps à corps. Ces lances sont aujourd'hui utilisées dans les danses funéraires qui sont célébrées uniquement pour les personnes mariées. Un casse tête traditionnel qui sert à achever une victime, tout comme un arc pour la chasse et la guerre, une carapace de tortue de mer qui fait office de bouclier face aux flèches et lances, la peau d'hippopotame au niveau ventral qui est aussi un bouclier efficace contre les lances et les balles à plomb ; tout un arsenal qui a servi à perpétuer et à sauvegarder les intérêts et l'existence de ces communautés face aux envahisseurs. La seconde vague des pièces exposées est relative aux outils et ustensiles de production. Ce sont diverses sortes de canaris, des nasses et autres pagaies pour la pêche, la ceinture et les outils pour la récolte du vin de palme et des noix de palme, le « kadiando » ou la houe diola pour la culture et la flûte utilisée pour alerter les populations.

Réincarnation humaine

Chez les animistes, la vie de l'individu est liée à celle d'un ou de plusieurs fétiches protecteurs qui servent les intérêts de la communauté. C'est tout à fait naturel que le musée expose quatre pièces essentielles dans l'organisation sociale de la communauté diola. Le premier fétiche diola « Kou Khouloume » est un fétiche protecteur. Quand une personne décède, tous les biens de ce dernier sont gardés à côté du fétiche. Le 6e ou 7e jour, l'esprit du mort vient reprendre son bien. Dans la culture diola on croit à la réincarnation. Le mort n'est jamais mort, d'autant que l'âme du défunt revient toujours pour prendre son bien et repartir. La réincarnation s'explique par les nouvelles naissances qui sont dénombrées dans les familles. Un second fétiche exposé dans le musée permet aux adeptes de la religion traditionnelle de se confesser comme le font les catholiques devant un prêtre. Chez le diola toute personne qui n'a pas encore eu d'enfant (c'est valable pour un homme ou une femme) n'a pas le droit de voir une femme en travail dans une maternité ou chez une matrone. Pour réparer un tel tort, la personne en faute est obligée de porter au fétiche une gerbe de riz et un objet valeureux en offrande pour se confesser. C'est le rite du « Ka Khusso ». Un troisième fétiche est représenté par un crâne de porc. Le crâne de porc est sacrifié au fétiche pour le mariage traditionnel. Un homme n'a pas le droit de prendre une femme sans donner un porc à la belle famille. Le porc qui constitue la dot est sacrifié afin d'avertir le fétiche que la fille quitte la famille pour aller vers une autre famille. C'est en définitive une forme de cérémonie d'Adieu. Si l'homme ne donne pas le porc en sacrifice, sa femme court le risque de ne pas avoir des enfants ou de mourir. Il existe d'autres formes de dots dans la culture diola. Un tout dernier fétiche a pour fonction de veiller sur le respect de certaines valeurs de la société. Le vol est interdit dans la société diola. C'est pourquoi, quand on ramasse un objet, on le dépose au niveau du fétiche. Les gens qui enfreignent cette loi portent avec eux le malheur perpétuel qui peut se matérialiser soit par un incendie, soit par la mort de ses proches ou la perte de ses biens. Pour réparer la faute, les parents de l'intéressé et le fautif doivent se confier au féticheur. Et généralement pour exorciser le mal, on doit donner comme offrande, une chèvre, un porc et 60 litres de vin de palme. Tout ce qui est donné au féticheur appartient à la société. La cérémonie sera célébrée en présence des notables et de tous les membres de la communauté qui connaissent le malfaiteur, ce qui est une honte pour sa famille. C'est pourquoi, un vrai diola qui est ancré dans la tradition, ne vole point.

IMAGES : Musée de la culture tradionnelle diola de Mlomp

 

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