Guet-Ndar, le vieux quartier atypique des pêcheurs de la langue de Barbarie


Guet-Ndar est situé dans la langue de Barbarie à Saint-louis. A partir du pont Moustapha Malick Gaye, une belle vue panoramique permet d’apercevoir un quartier populeux, dense et vivant, des ruelles étroites. Derrière les clôtures de bois, de tôles ou de parpaings, les maisons en dur sont aussi nombreuses que les baraques. Mais toutes les constructions frappent par leur petite taille et leur entassement dans un espace réduit. Ce vieux quartier des pêcheurs, atypique, déroule sa belle carte, exhibe fièrement ses vieilles chaumières, attrayantes dans leur prodigieux enchevêtrement, sa grande mosquée qui trône imperturbable au milieu de Lodo et de Pondokholé (sous-quartiers), les milliers de pirogues qui s'alignent tous les jours sur la plage, le site de Diamalaye où on débarque la sardinelle, et le cimetière « Thiaka Ndiaye » où on découvre des tombes hérissées de piquets de bois ou de fer, recouvertes de filets de pêche qui, à l’origine, étaient l’unique moyen de protéger les sépultures contre les chacals et les chiens errants. Guet-Ndar est un monde exceptionnel, un havre de paix où on élève le ton à sa guise, où un voisin peut se permettre de réprimander et de corriger sévèrement un enfant têtu et récalcitrant, un endroit paradisiaque où, grâce à une solidarité agissante, on s’évertue à rendre d’énormes services à son prochain sans ostentation.

En effet, dans ce quartier, tout le monde est unanime à reconnaître que le mutualisme, l’altruisme, l’honnêteté, la loyauté dans les rapports, la gestion collective et associative des problèmes sociaux, la dignité et la sincérité sont autant de valeurs qui contribuent à l’équilibre de cette communauté que tout un chacun s’efforce de préserver.

Un plan grossièrement orthogonal

De l’avenue Serviatus au cimetière, Guet-Ndar s’allonge sur environ 900 mètres. Bordé d’un côté par la rive incertaine du fleuve, de l’autre par cette guirlande impressionnante de concessions et autres maisons de fortune aménagées occasionnellement par les pêcheurs, à quelques encablures de la plage, il atteint 250 mètres dans sa plus grande largeur. Au sud toutefois, le cordon littoral se rétrécit, et l’espace bâti n’excède pas 150 mètres de large. La superficie totale du quartier est 17 hectares. Deux voies divisent le quartier dans le sens de la longueur. L’avenue Lamothe, qui prolonge au sud l’avenue Dodds, et la rue Bou El Mogdad. Il n’y a que onze rues transversales et un grand nombre d’autres ruelles, si étroites qu’elles sont difficiles à déceler sur une photographie aérienne.

Une véritable fourmilière humaine

Le plan orthogonal est moins apparent que dans les autres vieux quartiers, car beaucoup de constructions n’ont pas respecté l’alignement théorique des rues. Dans un de ses livres, Jean Claude Bruneau le qualifie de quartier semi-rural, au développement anarchique.

A la différence de Ndar-Toute, Guet-Ndar n’offre pas de contraste bien net entre son grand axe longitudinal et le tissu urbain situé de part et d’autre. L’ensemble du quartier est caractérisé par un pullulement humain incroyable, et un dédain général pour les règlements d’urbanisme. C’est que, coincé entre la mer et le fleuve d’une part, Ndar-Toute et le cimetière d’autre part, l’espace urbain ne peut s’étendre dans aucune direction. A côté des nombreuses maisons à étage, l’habitat se densifie à l’horizontale, réduisant à l’extrême les cours de concessions, et débordant fréquemment sur la voie publique. D’ailleurs, presque personne ne possède de titre foncier. Les Guet-Ndariens pensent que les terrains où ils habitent sont leur propriété, car ils ont appartenu à leurs ancêtres. Et l’administration coloniale considérait en fait le quartier entier comme un territoire coutumier. Partout se presse une véritable fourmilière humaine. A Guet-Ndar, beaucoup de gens sont devant leur porte, assis par terre ou sur des tabourets. Les femmes lavent leur linge en bavardant, avant de l’étendre sur des fils ou des clôtures. D’autres mettent leur fourneau dehors, pour que le vent en ravive le feu. Sur la chaussée même, l’automobiliste éprouve de très grandes difficultés à se frayer un chemin. Les calèches sont nombreuses. Quelques taxis et voitures particulières se risquent à traverser Guet-Ndar pour aller à l’hydrobase. Quelquefois, des véhicules de transport en commun, remplis, filent vers le cimetière, transportant des familles qui vont à un enterrement. On peut assister matin et soir à la parade de quelques ovins et caprins qui vont paître du côté de l’hydrobase. La nuit, les moutons rejoignent leurs enclos, dans les rues transversales. Il n’y a aucun commerce important sur l’avenue Lamothe, mais d’assez nombreuses boutiques, de petits bijoutiers, tailleurs et autres artisans.

Sous de minuscules abris couverts de paille ou de roseaux, les cordonniers fabriquent sandales, gris-gris et autres amulettes qui protègent les pêcheurs en haute mer.

Dans sa partie méridionale, l’avenue Lamothe est moins animée. Après le petit dispensaire, boutiques et ateliers se font plus rares, et les maisons en dur le cèdent de plus en plus aux baraques et même à quelques paillotes. Il faut passer devant l’école des garçons, construite en 1948, puis celle des filles, qui date de 1964 (établissements scolaires devenus mixtes et baptisés du nom de Cheikh Touré), pour arriver à la Sécherie commune appelée « Sine », qui s’étend de part et d’autre de l’avenue. Créée par les services de l’Etat, elle met à la disposition des femmes transformatrices de produits halieutiques, des bacs de salage, et des étendoirs pour le séchage du poisson.

IMAGES : Guet-Ndar

 

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