Saint-Louis du Sénégal, une cité magique


Située aux confins de l'Océan, du Sahara et de la brousse, Saint-Louis fut toujours la meilleure introduction à la découverte de l'Afrique.
Célèbre étape d'abord des navires européens de la Traite, puis de l'aéropostale de Mermoz, l'île conserve d'importants témoignages de son prestigieux passé.

Car Saint-Louis du Sénégal a un passé exceptionnel qui lui confère une renommée internationale. Plus ancienne ville construite par les français en Afrique de l'Ouest, l'Histoire de Saint-Louis se confond avec celle de la colonisation.
Considérée comme la vitrine de la France en Afrique, elle fut érigée commune française de plein exercice et jouissait ainsi d'un statut particulier. A partir de 1916, les saint-louisiens étaient alors français à part entière (ainsi que les habitants de Gorée, Dakar et Rufisque).

Pour sa possession, les anglais et les français ont bataillé ferme mais au final c'est la France qui en conserva le contrôle le plus longtemps jusqu'à l'indépendance du pays. Le nom de l'île Saint-Louis a été donné en l'honneur du Roi de France et elle est appelée Ndar par les sénégalais (en wolof).

Saint-Louis fut la capitale du Sénégal mais aussi de l'Afrique Occidentale Française autrement dit une région de 4 689 000 km² comprenant la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan français (devenu Mali), la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Niger, la Haute-Volta (devenue Burkina Faso) et le Dahomey (devenu Bénin).

De nos jours, son patrimoine architectural et culturel est tel que Saint-Louis du Sénégal fut classée en l'an 2000 au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Son célèbre pont Faidherbe qui la relie au continent date de 1865. Il est l'initiative du Gouverneur Louis Faidherbe, officier du génie sorti de Polytechnique.

De nos jours, Saint-Louis, ville accueillante et chaleureuse, n'est plus qu'une capitale régionale du Sénégal mais son passé glorieux ressurgit aux détours de ses rues. En plus de son patrimoine historique, les marchés très typiques et animés de N’Dar Toute et de Sor, le célèbre quartier des pêcheurs de Guet Ndar, Saint Louis bénéficie d'un environnement naturel exceptionnel. Les longues plages de sable fin constituent une richesse indéniable. A proximité de la ville se trouve deux parcs naturels : le Parc aux oiseaux de Djoudj (troisième réserve ornithologique au monde) et le Parc de la Langue de Barbarie. Le parc de Djoudj a été classé en 1980 « zone humide d'importance internationale » par la Convention de Ramsar, puis inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco en 1981.

Le plan d'eau exceptionnel de Saint-Louis

Située dans un site amphibie du delta du Fleuve Sénégal, elle se trouve dans une zone de formation quaternaire particulièrement basse et plate. La forme du site résulte d'un alignement dunaire peu élevé, orienté nord-est, sud-ouest sur la partie continentale.
A l'Ouest, un cordon littoral (langue de Barbarie) a donné une forme générale au relief et à l'hydrographie. Seuls les terrains situés à l'Est du site se trouvent dans les zones exondées.
Le site de Saint-Louis a une structure tripolaire, il s’agit :
1 - de la Langue de Barbarie, entre fleuve et océan,
2 - de l'Ile,
3 - du Sor.
Le réseau hydrographique de Saint-Louis a été déterminant dans l'architecture du site. Le plan d'eau naturel du Fleuve est soumis aux fluctuations saisonnières. Les crues peuvent atteindre une côte de 1,80 mètre. En saison sèche, le débit du Fleuve est presque nul et le niveau moyen à Saint-Louis est celui de la mer.

Le patrimoine architectural de Saint-Louis

La ville de Saint-Louis est une création européenne, construite ex-nihilo, organisée à l'origine à partir d'un navire ancré au large de la côte. En 1633, la Compagnie du Cap-Vert établit un premier comptoir pour la traite des esclaves sur une île à l'embouchure du fleuve. Dix ans plus tard, le comptoir est transféré par Louis Caullier dans une zone moins inondable, l'île de Ndar, qui prend alors le nom de Saint-Louis en l'hommage au roi de France.

L'implantation est protégée par une habitation fortifiée en brique de terre séchée, cantonnée de bastions, édifiée à partir de 1659. Durant le XVIIIe siècle, le fort est transformé et agrandi ; quelques dizaines de maisons en pierre importée, ou plus généralement en brique cuite, sont élevées à proximité sur des terrains concédés à l'usage des commerçants et des soldats. Ces maisons en dur sont entourées de huttes de paille ou de roseaux destinées aux domestiques ou à des entrepôts de marchandises.

Le temps passe et Saint-Louis forme une petite ville au plan régulier rythmé de rues étroites et bien alignées, divisée en deux quartiers de part et d'autre d'un fort et de la place d'armes. Les autochtones et les esclaves s'installent aux deux extrémités de l'ile.

En 1780, la ville compte 7 000 habitants dont 660 européens et 2400 mulâtres.

Les Signares, femmes issues de métissage entre les européens de passage et les saint-louisiennes bâtissent des maisons à étages avec cour intérieure et appartements privés dont une partie est louée aux militaires, personnels administratifs et négociants européens.

Le commerce de la gomme s'intensifie et attire de nombreux ruraux. La ville compte en 1838 près de 12 000 habitants. Dès 1820 des sociétés de négoces, souvent originaires de Bordeaux puis Marseille, ouvrent des agences à Saint-Louis. Après l'abolition de l'esclavage en 1848 les sociétés comme Maurel et Prom vont élever le long des quais de vastes entrepôts où s'échangent les marchandises amenées par le fleuve et les produits manufacturés importés.

Reflet d'un développement intensif, de nombreux bâtiments civils, publics, religieux et militaires voient le jour dès la première moitié du XIXe siècle : l'église est inaugurée en 1828, les hôpitaux militaire et civil ouverts en 1822 et 1840, le palais de justice édifié de 1844 à 1846, les casernes d'Orléans et Rognat élevées en 1830 et 1843, l'institution des soeurs de Saint-Joseph de Cluny et l'école des frères Ploërmel fondées en 1826 et 1841, et la mosquée achevée en 1847.

De 1854 à 1864, Faidherbe entreprend une série de travaux qui confirme l'essor de la ville. Il dégage les voies de circulation, trace le boulevard extérieur et commence l'aménagement des quais, lutte contre les inondations par des travaux de remblais et d'assainissement des berges, réglemente l'implantation des constructions notamment à la périphérie, encourage les constructions en dur, rase une partie des paillottes, édifie une nouvelle prison et un hospice civil pour les indigents et relie l'île à Guet Ndar et Sor par des ponts permanents.

L'âge d'or de la ville s'étend durant le dernier quart du XIXe siècle. A partir de 1879, elle est le siège du Conseil général de la colonie dont on achève le bâtiment en 1888. En 1895, Saint-Louis devient la capitale de l'Afrique Occidentale Française (A.O.F.) regroupant le Sénégal, le Soudan, la Guinée et la Côte d'Ivoire. Le chemin de fer reliant Dakar à Saint-Louis arrive à Sor en 1885 (la gare actuelle ne datant que de 1908) et le pont Faidherbe à charpente métallique remplace le pont de bateaux en 1897. L'île est alors dotée d'une adduction d'eau potable, de trottoirs et d'un éclairage public ; la totalité de la superficie habitable est lotie. A cette époque l'île compte 20 000 habitants.

En 1902, le transfert de la capitale de l'A.O.F. de Saint-Louis à Dakar sonne le glas de cette belle époque qui se prolonge jusqu'à la première guerre mondiale. A ce moment, quelques constructions administratives comme l'hôtel consulaire (1936), les châteaux d'eau (1937) et des immeubles modernes sont encore construits entre les deux guerres mais l'essentiel de l'innovation architecturale se situe alors à Dakar malgré l'augmentation de la population qui double entre 1936 et 1950. On enregistre un dernier sursaut de constructions administratives dans le quartier sud comme le centre de l'I.F.A.N. élevé en 1957. L'approche de l'indépendance achève le déclin de la ville avec le transfert définitif du gouvernement du Sénégal à Dakar en 1957-1958 et en novembre 1960 celui de la capitale de la Mauritanie à Nouakchott.

Une architecture coloniale originale

L'île Saint-Louis présente un ensemble urbain, architectural, historique et culturel parmi le plus remarquables de l'Afrique de l'Ouest. C'est un des exemples bien conservé de villes coloniales, anciens comptoirs commerciaux développés à partir d'un fort comme à Gorée, Rufisque et Carabane au Sénégal et Grand-Bassam et Bingerville en Côte d'Ivoire. Ce site lagunaire et marécageux est choisi pour des raisons stratégiques en raison de sa proximité de la mer et de la facilité de défense. Le tracé orthogonal de la trame viaire implantée à partir du fort est caractéristique du plan des villes nouvelles coloniales tracées par les officiers du génie. Le centre est quadrillé par des îlots carrés de 30 m de côté qui se prolonge du nord au sud par des îlots de même largeur mais plus allongés de 75 m de long. Les îlots transversaux encadrent les deux types précédents et bordent les deux bras du fleuve. Les structures géométriques des îlots sont inversement proportionnelles à leur éloignement du centre et à leur ancienneté. L'espace des îlots d'habitation aux parcelles surdensifiées est saturé, laissant peu de place aux espaces verts.

On y retrouve une architecture de type méditerranéenne adoptée à partir de la première moitié du XIXe siècle au climat tropical et au milieu colonial : maison autour d'une cour, répartissant lumière et fraîcheur. Près de la moitié des maisons sont en rez-de-chaussée : le tiers d'entre elles, construites en brique portent des toitures de tuiles mécaniques, à deux versants, le reste est couvert en terrasse avec acrotères dont les avancées forment un pare-soleil.

Les maisons à étage, légèrement moins nombreuses que les précédentes, construites en brique, s'organisent également autour de la cour. Les logements de l'étage sont distribués en enfilade par une coursive et disposent côté rue de portes-fenêtres symétriques donnant sur un balcon généralement protégé par un auvent en tuile mécanique. Les plus vieilles balustrades sont en bois, quelques unes en fer forgé. Les plus récentes et les plus restaurées sont en ciment.

La plupart des rez-de-chaussées de ce type de maisons étaient à usage de boutiques dont les plus anciennes s'ouvraient dans des arcades en plein centre. Les enduits des maisons les plus anciennes sont colorés en ocre ou en rose et les entrées sont soulignées par des encadrements moulurés et peints.

IMAGES : La ville de Saint-Louis du Sénégal

VIDEO : Saint-Louis, la "Venise africaine"

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