Ecotourisme : Niokolo Koba, à la découverte d’une riche réserve de biosphère


Le président de la République, Macky Sall, a terminé son séjour à Tambacounda par une visite, samedi, au Parc national du Niokolo Koba. Il encourage les Sénégalais à mieux connaître leur pays et promet de développer le tourisme national.

Le chef de l’Etat, Macky Sall, a bouclé un séjour de quatre jours dans la région de Tambacounda. Il s’engage à développer le tourisme national et encourage les Sénégalais à visiter leur pays, surtout les zones comme le Parc national du Niokolo Koba (Pnnk). Il a effectué une visite d'une journée dans ce parc qui s'étend sur 913 mille ha. « J'invite nos compatriotes à venir visiter cette richesse. On peut camper, il y a des lodges. On peut vivre en famille pendant deux à trois jours. D'ailleurs, pour voir les grands fauves comme les lions, les lycaons, les panthères et autres, il faudrait y passer la nuit », a déclaré Macky Sall. Selon lui, c'est très tôt le matin ou au crépuscule que vous avez plus de chance de voir cette faune tout à fait exceptionnelle. « Que les Sénégalais prennent l'habitude de visiter leur pays, des zones comme Tambacounda.

Des Européens viennent de loin pour le visiter. Quand tu viens dans ce parc, tu as l'impression de ne pas être au Sénégal. Il faut qu'ils aient tendance à visiter leur pays en développant le tourisme national. C'est cet appel que je lance », a déclaré Macky Sall. Le chef de l'Etat a souligné la nécessité de veiller à ce que les visiteurs n'aient pas de déception et trouvent suffisamment de faune et des réceptifs hôteliers pouvant les accueillir. Il a indiqué que l'Etat jouera sa partition. Le reste se fera à travers un partenariat public-privé. Sous peu, Niokolo Koba sera parmi les parcs de renom en Afrique et dans le monde, a-t-il promis. Le ministre de l'Environnemen y travaille, poursuit-il.

Le président de la République estime que la direction du Pnnk devra veiller à ce que les populations riveraines puissent tirer profit des retombées du parc, dans le respect de la biodiversité. « Dans les plans de développement à venir, les ressources locales devront être prises en compte, que ce soit dans la formation ou le recrutement », a-t-il promis. Il a salué l'harmonie entre le parc et les populations environnantes qui ont compris qu'elles ont plus intérêt à bénéficier des retombées de l'écotourisme qu’à s’adonner au braconnage qui finit par détruire la biodiversité.

Près d’un million d’hectares de richesse faunique

Au parc de Niokolo Koba où il s’est rendu avant-hier, le président de la République a découvert la vie dans la principale réserve faunique nationale. Il est le deuxième président du Sénégal à visiter ce site après Léopold Sédar Senghor.

Après le président Léopold Sédar Senghor, Macky Sall est le deuxième président du Sénégal à visiter le parc national de Niokolo Koba. Ce geste est visiblement une grande importance pour les agents chargés de garder et de promouvoir ce pan du patrimoine environnemental sénégalais. Le ministre de l’environnement et du développement durable, Aly Haïdar, le directeur des parcs nationaux, Soulèye Ndiaye, et les autres fonctionnaires chargés de la gestion du parc étaient debout, dès le début de la matinée, pour accueillir leur hôte qui s’est bien préparé à défier le soleil, la poussière, les nombreuses nids de poule jalonnant la route qui mène vers l’hôtel Simenti, au cœur du parc.

La visite commence par le village Dar Salam, la porte d’entrée du parc où Macky Sall a reçu les salutations des notables. L’entrée dans le parc peut bien commencer. Un long convoi fort d’une vingtaine de véhicules emprunte une route en latérite. Cette voie sinueuse est bordée, des deux côtés, d’arbres aux feuilles jaunes subissant, sans doute, les affres de la saison des pluies. Elle garde toujours les stigmates du dernier hivernage. Les eaux de pluies ont laissé la place à des sortes de tranchées qui rendent difficile le passage des véhicules. La poussière qui s’échappe du sable rend la visibilité souvent très faible. Mais elle n’empêche pas aux visiteurs du jour d’observer la présence des pintades, des phacochères et des antilopes qui, malgré le vrombissement des moteurs, poursuivent tranquillement leur chemin au milieu des arbres.

Après plus d’une heure de route, des cases ainsi que des bâtiments peints en rouge renseignent sur la présence d’une vie humaine dans cet immense espace. Un détachement des éléments des gardes forestiers est au garde–à-vous. L’hymne national est entonné. Le président qui a, à ses côtés, le ministre d’Etat auprès du président de la République, Mbaye Ndiaye, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mme Aminata Touré, celui de du Tourisme, Youssou Ndour, son directeur de cabinet Mor Ngom, procède à une revue des troupes. Il se rend ensuite à une dizaine de mètres de l’hôtel, à la mare de Simenti. De loin, quelques gazelles sont visibles. Soulèye Ndiaye explique à la délégation présidentielle que cette mare se tarit après l’hivernage. Selon lui, ce tarissement est accentué par la boue qui bouche souvent la voie d’eau. De l’autre côté de l’hôtel, le fleuve Gambie qui arrose une partie du parc. Les visiteurs du jour aperçoivent de loin les crocodiles au milieu des eaux. Leur présence explique sans doute la prudence que semble adopter les antilopes qui viennent s’abreuver. Ces animaux se contentent de circuler tout près du pan d’eau.

La délégation a pu apercevoir d’autres espèces en visitant le camp du Lion, le village situé à plus d’une heure de route à l’intérieur du parc. Mais les lions, les panthères et les autres redoutables mammifères ne seront pas aperçus. La cause ? Le directeur du parc explique que ces animaux se déplacement très souvent tôt le matin. Le soleil les pousse à se replier à l’ombre des arbres ou dans la boue tout près du fleuve.

Les explications du Colonel Ndiaye se lisent sur le terrain. Sur le chemin du retour, au fur et à mesure que le soleil darde ses rayons sur le parc, le cortège présidentiel voyait quelques phacochères, sans doute, assaillis par la chaleur, se réfugier sous les arbres.

80 espèces de mamifères, 330 espèces d’oiseaux, 36 espèces de reptiles...

Créé en 1954, le Parc national du Niokolo Koba (Pnnk) abrite une diversité faunique et florale remarquable. On y dénombre plus de 80 espèces de mammifères, 330 espèces d'oiseaux, 36 espèces de reptiles, 20 espèces d'amphibiens et un nombre important d'invertébrés. La valeur universelle exceptionnelle du Pnnk lui a valu une reconnaissance mondiale à travers son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1981, selon la note de présentation distribuée à la presse. Il est à cheval entre les régions de Tambacounda, Kédougou et Kolda. Il couvre une superficie de 913 mille ha. Il est situé à 80 km de Tambacounda et 600 km de Dakar. Il a comme objectifs, la conservation de la biodiversité, le développement de la recherche et du tourisme, etc.

Un partenariat public privé pour moderniser et mieux gérer le parc

 Pour la gestion du Parc national du Niokolo Koba (Pnnk), le président de la République est favorable à un partenariat public privé en vue de sa modernisation et de sa promotion. Il a fait l'annonce, samedi, au cours d'une visite dans cette réserve de biosphère. « Il faudra développer un partenariat public privé puisque les besoins de modernisation et de maintien de ce parc national, à l'image des grands parcs, comme Kruger parc (en Afrique du Sud, ndr), nécessitent que l'Etat travaille avec des privés professionnels qui puissent réintroduire des espèces, assurer la reproduction de celles existantes et le maintien des infrastructures », a déclaré Macky Sall.

 Il a noté que le Pnnk est un grand espace qui fait une fois et demie la région de Thiès. Il doit ainsi faire face au braconnage. Ainsi, il a félicité les agents des parcs nationaux pour leur engagement et leur détermination à préserver les ressources du Pnnk.

Il a souligné qu'il va soutenir le ministre de l'Environnement Ali Aïdar et la direction des parcs nationaux pour que davantage de ressources soient données au Pnnk et aux autres. « Ces parcs ont besoin d'être renforcés car les moyens qui leur sont alloués sont insignifiants. Dans le programme de la région de Tambacounda, un volet essentiel a été consacré à la restauration de la biodiversité et des ressources cynégétiques. A terme, cela devra permettre de choisir un partenaire de qualité qui accompagnera l'Etat dans la restauration et la promotion touristique du Pnnk », a dit Macky Sall. « Je pense qu'à travers un partenariat public-privé, sous peu, le Niokolo Koba sera parmi les parcs de renom en Afrique et dans le monde », a-t-il dit. Il s'est, par ailleurs, réjoui de la découverte du Pnnk. « Sachant que beaucoup de Sénégalais comme moi ne connaissent pas la richesse, la diversité et la biodiversité de leur pays, le parc de Niokolo Koba est un outil précieux pour notre pays, près d'un million d'ha de réserve faunique et florale. Nous avons besoin de maintenir cet outil indispensable à la préservation de l'environnement et pour le développement du tourisme sous l'angle de l'écotourisme », a estimé le président Macky Sall.

Sur un autre point, il a indiqué avoir relancé, dans sa communication en Conseil des ministres, jeudi dernier, un certain nombre de politiques et d'instruments qui devront nous permettre de faire du développement durable et de l'économie verte, un des piliers de la politique nationale. « Avec l'économie verte, nous pouvons proposer quelque chose, par rapport à la concurrence, car le Sénégal peut être battu par d'autres pays en termes d'avantages comparatifs dans le tourisme balnéaire qu'il offrait jusque-là », a-t-il ajouté. Selon le chef de l'Etat, il faut injecter des ressources pour préserver le Pnnk qui subit des pressions agricoles et le braconnage et faire de l'environnement un allié et non une contrainte tout en assurant un développement durable.

29 AVRIL 2013 LE SOLEIL

 

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