Parc du Djoudj : A la découverte d'un grand sanctuaire des oiseaux migrateurs


D'une superficie de 16000 hectares, le parc national des oiseaux du Djoudj se situe au Nord-Ouest du Sénégal, à environ 60 km de Saint-Louis. Ecosystème du delta du fleuve Sénégal où séjournent des millions d'oiseaux migrateurs, il est classé patrimoine mondial par l'Unesco depuis octobre 1981. Lieu de tourisme, il est aussi un site de recherche scientifique.

Poussive et haletante, la vieille guimbarde que nous avons affrétée depuis Saint-Louis, nous conduit vers la communauté rurale de Diama. Après le croisement de Ndiawdoun, défilent une suite de villages : Mboubène, Taba Térés, Taba Ahmatou et autres localités maures comme Diadiem 1,2 et 3. Le chauffeur est obligé d'aller jusqu'au village de Diama pour emprunter un autre chemin qui mène directement à Djoudj, en passant par Maka. Sur ces sentiers escarpés et sinueux, ces pistes quasi impraticables, les mouvements du véhicule nous secouent les entrailles.

Il fait 12 h 30. La chaleur est torride, suffocante. Le soleil monte dans un ciel d'un bleu scintillant. Une fine poussière de sable, venant certainement de la Mauritanie, fouette nos corps et obstrue nos narines. A quelques encablures de la route de Diama, des champs s'étendent à perte de vue ainsi que des hameaux Peulh. A 15 h 30, nous arrivons à Djoudj. Ici, la nature déploie toute son exubérance, son charme. A l'entrée du parc, plus précisément, au niveau du poste de commandement, des souvenirs issus de l'artisanat local et confectionnés par les femmes des villages périphériques, sont proposés aux visiteurs.

Trois principales ethnies notamment, les ouolofs, les maures et les peulhs, habitent les sept villages de la périphérie immédiate du parc, pour une population d'environ 7000 habitants. Elles ont comme activités essentielles, l'élevage extensif, la pêche continentale, le petit commerce, l'artisanat et l'agriculture avec un développement important de la riziculture irriguée.

Sur la berge du fleuve, un vieux touriste français attend allègrement d'aller visiter le site de reproduction des oiseaux. « Je ne suis pas ornithologue, mais la vie des pélicans blancs m'intéresse. Je suis venu admirer ces beaux oiseaux qui ont une manière très particulière de couver leurs petits, qu'ils entretiennent de façon méticuleuse », souligne-t-il. Et d'ajouter : « Dieu Le Tout puissant n'a pas donné au pélican blanc la possibilité de pondre, en général, plus de trois œufs ».

Un patrimoine mondial

« Le parc de Djoudj, créé en 1971, est inscrit sur la liste des zones humides d'importance internationale depuis juillet 1977 et sur les sites du patrimoine mondial par l'Unesco depuis octobre 1981 », explique le guide touristique qui l'accompagne. A l'en croire, le parc reçoit, chaque année, des milliers de touristes qui viennent de tous les continents. « Tous ces visiteurs tiennent vaille que vaille à découvrir ce premier milieu humide après la traversée du Sahara, qui est un refuge pour 360 espèces européennes d'oiseaux migrateurs et constitue l'une des plus importantes concentrations du continent avec près de 3 millions de spécimens ». Des propos confirmés par le conservateur du parc, le Capitaine Boucar Ndiaye, soulignant que le Djoudj est contigu au Diawling, en Mauritanie, et forment ensemble un complexe transfrontalier écologiquement important pour l'avifaune sauvage. Ces deux parcs nationaux sont classés Réserves de Biosphère.

3 millions d'oiseaux migrateurs

Les écosystèmes du Djoudj, a-t-il précisé, sont constitués de quelques dunes de sable et de plaines d'inondation parcourues par un réseau de mares, marigots et lacs (le lac Lamantin qui couvre 1000 ha, le Grand lac qui s'étend sur 5500 ha et le Lac Khar qui occupe un lit de 1500 ha). Dans ces écosystèmes, a indiqué le capitaine Ndiaye, sont recensées 121 espèces végétales, 92 espèces de poissons, 365 espèces d'oiseaux et plusieurs autres espèces de reptiles et mammifères.

En Afrique de l'Ouest, le Djoudj, à en croire le conservateur, constitue « la première étape de la migration après la traversée du Sahara, un site d'hivernage pour près de 3 millions d'oiseaux migrateurs d'Europe et d'Afrique ». Il poursuit que les pics sont atteints en janvier. C'est aussi un « site de reproduction du pélican blanc, du héron pourpré, du héron bihoreau, de la grande aigrette, de l'aigrette gazette, de la spatule d'Afrique ».

Le Djoudj, a-t-il fait remarquer, est également « le troisième quartier » d'hivernage des anatidés (canards) en Afrique sub-saharienne, après le delta intérieur du fleuve-Niger et le lac Tchad, le fief de la plus grande colonie de pélicans blancs en reproduction (22000 individus), la seule zone d'hivernage connue pour le Phragmite aquatique, passereau en voie de disparition nichant en Europe de l'Est (Hongrie, Pologne, Ukraine).

C'est aussi un sanctuaire naturel pour des espèces locales telles que le lamantin d'Afrique, le crocodile du Nil, le python de séba, le phacochère, la gazelle à front roux, la gazelle dorcas, la grue couronnée.

Le Djoudj, a laissé entendre le capitaine Ndiaye, possède des valeurs écologiques universelles. Situé dans la voie de migration des oiseaux d'eau, il abrite au moins 1% de la population mondiale de plus de 25 espèces d'oiseaux d'eau (critère Ramsar) et offre des spectacles assez originaux pour la découverte et l'éducation. La diversité et la dynamique de son environnement donnent des opportunités pour la recherche scientifique avec sa station biologique.

15 NOVEMBRE 2010 LE SOLEIL

 

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