Casamance, creuset de diversités


La Casamance ne laisse personne indifférent quand elle apparaît pour la première fois aux yeux du voyageur. Que l’on soit attiré par le tourisme  ou par la vie professionnelle, elle laisse à tous ceux qui l’ont connue un souvenir durable, voire ineffaçable. La beauté de sa nature généreuse, la douceur et la gentillesse de ses populations sont des bienfaits recherchés par le tourisme le voyageur en quête de repos de quiétude loin de la ville et de ses pollutions résultats d’une civilisation industrielle mal maitrisée.

Connais-tu mon beau village…. ?

La Casamance (région de Ziguinchor et région de Kolda) s’étend sur 28350 km2, soit 1/7 de la superficie du Sénégal. Traversée par le fleuve (300km) qui porte son nom, la Casamance est marquée à l’Ouest par l’océan atlantique, la Gambie au Nord, au Sud par la Guinée Bissau. La Haute Casamance communément appelée le Fouladou (de Vélingara à Kolda) est habitée essentiellement par les peulhs Foulbé. La Moyenne Casamance correspond à l’espace géographique appelé le « Pakao ». Il part de Kolda Commune à Sédhiou, ancienne capitale de la Casamance. Quant à la Basse Casamance, elle correspond à la région de Ziguinchor. La Basse Casamance est habitée par les Baïnouks premiers habitants de la Casamance et les Diolas. Les Socés, les Balantes et les Toucouleurs peuplent la Moyenne Casamance alors que la Haute Casamance reste le fief des Peulhs ou Foula.

 Dans son livre « Histoire de la Casamance : conquêtes et résistances de 1850 à 1920 édition Karthala », Christian Roche, ancien Proviseur au lycée Djigniabo de Ziguinchor rappelle que la Casamance fut d’abord portugaise avant d’être française de 1605 à 1888, soit pendant 243 années. Dans ce même ouvrage l’auteur se souvient que Sédhiou fut la capitale de la Casamance jusqu’ en 1908 avant que celle-ci ne soit transférée à Ziguinchor. En novembre 1908, l’Administrateur supérieur Maclaud s’installe dans sa nouvelle résidence (actuelle Gouvernance de Ziguinchor).

Les Baïnouks, les premiers habitants de la Casamance

Boubacar Biaye, habitant du Blouf et descendant de l’ex Roi des Baïnouks, Gana Sira Biaye, explique pourquoi son ethnie est devenue minoritaire et un peu éparpillée à travers la Casamance : « Le Roi Gana Sira Biaye fut très dur avec ses sujets. D’aucuns mêmes le considéraient comme un tyran. Un jour, ses sujets lui ont tendu un piège. Ils ont creusé un grand trou et ont posé par-dessus une chaise. Ils ont invité le roi Gana Sira Biaye à s’y installer lors d’une manifestation. Ce dernier, dès qu’il a pris place s’est retrouvé au fond du trou et ses sujets l’ont enterré vivant. Mais avant de mourir, le roi Gana Sira Biaye les a maudits en proférant cet anathème : « vous ne représenterez rien en Casamance et que les autres ethnies vous domineront toujours et vous serez éparpillés chez les différentes ethnies de la région à la recherche de protection ».

Les Diolas, une société égalitaire

Dans la conscience collective, la Casamance rime avec l’ethnie diola si bien qu’on pourrait croire que la Casamance est uniquement peuplée de diolas. Alors qu’en réalité, les diolas sont minoritaires dans cette partie sud du Sénégal. Même dans Ziguinchor Commune. Le Diola a une violente répulsion à tout principe d’autorité. Il n’existe ni caste, ni griot chez lui. Tous les diolas sont égaux. Malgré leur individualisme foncier, les diolas connaissent aussi la solidarité paysanne à travers les champs et les rizières communément appelés « faro ».

Les Balantes, généreux mais réservés

En Casamance, « Kunda » veut dire famille. Comme on dirait au nord et au centre du Sénégal, les « Ndiayéne », les « Ndiobbéne », les « Seckéne » pour désigner respectivement la famille des Ndiaye, des Diop et des Seck, là-bàs en Casamance, on parlera de « Diopkounda », de « Ndiayekounda », de « Sanékunda », de « Tourékunda » etc…. Le Balantakunda (le territoire des Balantes) se situe entre la Casamance et la Guinée Bissau. Ils ont élu domicile le long du Mangurugu et le Soungrougou (affluents du fleuve Casamance). On en sait moins sur l’origine des Balantes où les noms de Berassé, Brassa, Benagas, Xa, Canja sont avancés. Ce qu’on sait le plus, c’est que les Balantes furent d’anciens captifs des Peulhs du Fouta Djalon. D’ailleurs, explique Bademba Bayo, un octogénaire vivant au Carrefour Diaroumé, « ces balantes anciens de l’armée de Koly Tenguala, envoyés en Guinée Bissau, auraient refusé de retourner chez les Foutanké. C’est ainsi expliquera Bayo, « Balant » veut dire refus et « Balantakunda », chez ceux qui ont refusé d’après les malinkés de la Casamance. Pour les autres, l’origine est créole avec « Alante » pour dire les hommes et « ba », le groupe.

Les Malinkés, entre palabre et mysticisme

Les Malinkés sont un groupe ethnique qui regroupe les soninkés qui parlent la langue saraxolé et les mandingues qui parlent la langue socé. Ils vivent autour de Sédhiou, le long du fleuve et des marigots. Les hommes sont des cultivateurs pour l’essentiel et les femmes font de la riziculture (faro). Descendants de Tiramaxan Traoré, fondateur du royaume de Gabou et lieutenant de Soundjata, les malinkés viennent de l’est ‘Mali) au 16 éme siècle jusqu’à la fin du 17 éme siècle. Les premiers villages malinkés (Pakao) sont Janaba, Njama, Karantaba, Darsilame. Les femmes de ce pays cultivent, labourent, sèment et nourrissent leurs maris. Ces derniers, l’allure noble et fière, s’adonnent au plaisir de la discussion, la palabre.

Les Toucouleurs, entre spiritualité et busness

Ils ont occupé le Kabada, encerclé entre les pays malinkés, diolas depuis le 16 siècle. Selon les témoignages de la dame Marétou Diallo, habitant de Médina Wandifa, la venue des toucouleurs en Casamance s’explique ainsi : « Au 16 siècle, un chef de famille toucouleur Elie Moussa Sall se voit refuser son imamat à cause de son infirmité au pied dans sont Fouta Toro. Il émigre avec de nombreux fidèles vers le Saloum (actuelle région de Kaolack). Il se rendit à Kahone à la cour du roi Guéléwar Mbégaan Ndur. Des jaloux de son accueil l’obligèrent à trouver refuge plus au sud dans un village qu’il appela Njama Tyoyène. Il y vécut 15 ans. Après une terrible famine, Njama Tyoyène envoie des hommes pour chercher du mil. Après avoir traversé la Gambie, ils trouvèrent un bon espace propice à la culture. Satisfaits de leurs récoltes, ils reviennent l’année suivante en masse et furent reçus par le Roi Meîssa du Jarra qui les autorisa à s’installer provisoirement dans les villages de Soma et Karantaba. Pour ce qui est du nom de kabada il est pour les toucouleurs de la Casamance ce que le Pakao est au mandingue, c’est-à-dire leur espace géographique propre. La dame Marétou Diallo avance aussi qu’il y avait une grande mare au pied d’un arbre. La mare, « dalo » et l’arbre « kaba » ont formé « Kabada » », donné par les toucouleurs à leur nouveau pays. Le premier village créé fut Sénoba par les familles Kane, Sall, Ly, Hanne, Diallo.

13 NOVEMBRE 2010 LA SENTINELLE

 

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