Gorée, un autre monde à 20 minutes de Dakar


Par sa position géographique qui s'ouvre aux cinq continents, Gorée a joué un rôle important dans le commerce triangulaire. D'ailleurs, l'Unesco en a fait un patrimoine historique. Cette île depuis 1966 est un site historique des plus visitées au monde. Accueillant tout au long de l'année des touristes d'horizons divers. Avec ses trois cents mètres de large sur les neuf cents mètres de long, Gorée offre en plus de son hospitalité, un enjeu économique, grâce à son  commerce qui connaît un fulgurant essor.

A gauche, au fond du bâtiment servant de bureaux au port autonome de Dakar, se trouve l'embarcadère. Le décor est assez spécial, voire touristique. La clientèle est jeune, étrangère pour la plupart. Un grand nombre de personnes s'alignent devant le guichet. Ils veulent acheter des billets pour pouvoir embarquer. Certains attendent avec impatience l'arrivée du guide devant apporter les tickets. D'autres guettent de temps en temps et de manière furtive l'arrivée de la chaloupe. Ce n'est pas la cherté du billet, (5 000 FCFA pour les étrangers, 1 500 FCFA pour les Sénégalais) qui peut être un obstacle pour se rendre sur l'île. Encore moins ce qu'ils peuvent y subir parfois de la part de Sénégalais, de bonne foi, mais quand même énervants. C'est leur dernier souci.

La salle d'embarcation est totalement vide. La chaleur ne motive pas à prendre place en ces lieux. On traîne par-ci, par-là en attendant d'embarquer.

12 h 40 mn, la sirène du Coumba Castel retentit. Elle alerte de son arrivée. Les passagers se précipitent. Le temps que les passagers s'installent et les quelques bagages et denrées soient montés, la chaloupe reprend la mer vers Gorée l'Ile mémoire.

Sur une plaquette, à bord du bateau, on indique qu'il a été inauguré en 1999 par Mme Elisabeth Diouf, alors première dame du Sénégal. Il ne peut accueillir que 350 passagers. Aujourd'hui, le nombre est atteint. Ou presque.

A chaque coin du bateau, de petits groupes conversent. Pendant ce temps, des Européens prennent des photos en guise de souvenirs. Ils ne sont pas les seuls. Des Sénégalais et des Africains de nationalités différentes se mettent aussi à la tâche. Gorée est historique pour tous.

En cet après-midi ensoleillé, où la chaleur accablante transperce la fragilité épidermique de certains, les Noirs bombent leur torse. Ils trouvent tout à fait naturel ce qui réussit à faire rougir ceux qui avaient fait de nos ancêtres des esclaves. Sur cette même île où ils se rendent tous aujourd'hui pour des raisons diverses.
Ceux qui en sont à leur première visite préfèrent monter au hall. Ou s'adosser au bastingage pour savourer la beauté du paysage qui se dessine. A leurs yeux, une image autre de Dakar se dessine. Celle de la capitale du Sénégal qui forme la presqu'île. Des habitués se concentrent sur le téléviseur dans la salle principale de la chaloupe. Eux, ils ont coutume de découvrir ces images plaisantes de Dakar. Anna Bidounga, congolaise, en est à sa énième visite. Petite taille, teint noir, elle parle de Gorée avec beaucoup de fierté. Sourire aux lèvres, sa tignasse bourrée de cheveux synthétiques, elle dit : « Cette île est une fierté, et je m'y rends à chaque fois que je suis de passage à Dakar. »

De l'autre côté, un guide attire l'attention par son style vestimentaire, qui le différencie des autres. Il sort vraiment du lot. Contrairement à ces gens qui essaient de se débarrasser de leurs vêtements. Vu la chaleur ambiante, ce Sénégalais est en costume noir, assorti d'une chemise blanche. Il semble très à l'aise. Mais, il attire l'attention partout où il passe. L'air sérieux, content de pouvoir donner son opinion sur sa présence à Gorée, il argue : « Je suis avec des partenaires belges et je me charge de rendre leur séjour inoubliable pour que les contrats se négocient facilement. » Comptable de profession, conduire ses hôtes lui facilite un partenariat avec ces étrangers.

Une boutique est ouverte dans la chaloupe. Elle vend des rafraîchissements et la gérance est assurée par une dame. Elle n'est pas la seule commerçante. De jeunes femmes vous abordent pendant le trajet, avec une grande amabilité. Ce n'est pas gratuit. Elles font la publicité de leurs boutiques d'articles artisanaux ou tout simplement de leurs restaurants ou cafétérias, histoire de se faire une clientèle.

Quelques minutes à bord de Coumba Castel, les yeux rivés sur des mirages, Gorée s'affiche sous sa forme ovale. A deux pas de la terre ferme, des enfants attendent qu'on leur jette une pièce, qu'ils s'empressent de récupérer sous l'eau avec des mouvements de nage représentant une admirable chorégraphie.

Enfin, les visiteurs et habitants de l'île accostent. Le pont, avec ces quelques mètres de long, accueillent les passagers débarquant de la chaloupe. C'est le même depuis le XVIIIe siècle, hormis de petites modifications sur sa structure.

A la descente de ce pont, la place esplanade construite pour la promotion des droits de l'homme se présente avec des bancs publics face à la mer. Un espace qui abrite les soirées et autres concerts. Là-bas, des Sénégalais, sûrement fatigués d'entendre la même histoire, se tournent vers la plage pour profiter des derniers jours avant le ramadan. Les visiteurs, eux, empruntent tous la rue qui mène à la maison des esclaves.

« J'ai honte pour mes aïeux et ce que je ressens n'est pas loin du dégoût »
Tout juste après le presbytère où logent les prêtres, la Maison des Esclaves se dresse après le Monument de la liberté. C'est un bâtiment de couleur rose-ocre. Un monsieur avec des lunettes, des blocs de tickets en main arbore un sourire accueillant. Cette maison reçoit plus de mille visiteurs par jour.

A l'entrée, deux escaliers forment un demi-cercle et se rencontre devant la salle principale où sont exposés les tableaux souvenir sur lesquelles sont retracés l'histoire du « crime contre l'humanité ». Sur d'autres tableaux sous-verre sont alignées les entraves des poignets et des pieds, des fusils de traite, colliers et chaînes. Il y a aussi des fouets. Au rez-de-chaussée, les chambres tapissées de sable brun et des enseignes indiquent les occupants de ces pièces (hommes, femmes ou enfants). L'étroitesse de ces pièces confirme les mauvais traitements qu'ont subis les esclaves. La plus visitée reste celle dans laquelle se trouve la Porte du voyage sans retour. De cette porte, une vision sur l'infinité de la mer et de son bleu se dessine. Ici, tout porte encore les signes de la traite. Là narration du sieur qui succède à Joseph Ndiaye, l'emblématique conservateur de la Maison des Esclaves, résume l'histoire de la traite négrière et le rôle de Gorée dans ce commerce. Cet homme la narre avec désolation.

A l'entame de son discours, des têtes se baissent discrètement, des mouchoirs sortent des sacs et des regards s'endurcissent. La honte et le dédain semblent se frayer une bonne place dans le coeur de ces hommes et femmes. Certains Noirs laissent ressortir leur fierté. D'autres s'attristent. Ce récit fait sangloter les âmes sensibles. Les Européens versent des larmes de honte et de tristesse. « J'ai honte pour mes aïeux et ce que je ressens n'est pas loin du dégoût », lance Emeline Rousseau, une Française. Jacques ne trouve pas intéressant de faire ressortir les ressentiments. Pour lui, il n'y a pas lieu de s'attrister, mais d'effacer cet acte odieux. « Je trouve qu'ils ont eu tort. Et pour que s'effacent ces mauvais souvenirs, nous devons promouvoir la liberté des peuples », confie-t-il, tout en s'agrippant au cou d'un ami togolais.

Cette maison, malgré le charme qu'elle dégage, est le souvenir d'une tragédie. Elle est le témoin de centaines d'années d'un commerce d'hommes, de femmes et d'enfants.

Au sortir de cette demeure bruissant d'histoire, un merveilleux monde s'ouvre. La gaieté de Gorée s'entrouvre.

GOREE COTE ARTS PLASTIQUES - Toiles et sculptures à tous les coins de rue

Les artistes occupent les ruelles, malgré l'existence d'un marché artisanal. A Gorée, l'art se vit et se sent. Tous les genres picturaux sont développés. Les œuvres reflètent l'histoire du monde noir, mais les prix flambent. La peinture montre ses facettes avec de beaux tableaux, parfois sous-verre. Des toiles avec des couleurs très vives. Des dessins très significatifs, des pagnes de décoration aussi, tout cela forme la structure de Gorée. D'ailleurs, « ce sont les préférés des Blancs », nous indique-ton.

La sculpture aussi y est très développée, avec des accessoires et meubles pour maison. Des djembés de toute taille, très achetés et des chaises faites de bois et d'ivoire sont exposées.

A travers ces œuvres d'art, Gorée lance ses messages. C'est le cas de cette sculpture sous forme de pirogue, dénonçant l'émigration clandestine et alignée auprès de statuettes à l'image de l'homme. A travers ses œuvres, chacun évoque sa culture d'origine. Des masques retracent les visages d'animaux sauvages africains. Tout ce commerce est dominé par la vente de bijoux. Les colliers de toutes matières et de toutes couleurs emplissent les boutiques. Des perles, aux cauris en passant par le bois et le verre, la terre cuite et les coquilles de noix de coco sont aussi très utilisées. Ces accessoires féminins brillent d'une élégance qui ne laisse pas indifférent. Mais, la beauté de tous ces articles ne reflète pas leur prix. « C'est très cher », se plaint Anna Bizounga. Manuel, photographe belge et qui en est à sa première visite, trouve également que les œuvres sont chères. Ses achats se résument à des meubles de décoration dont les prix varient entre 5 000 et 25 000 FCFA « Regardez ce tableau (qu'il nous montre), il coûte 15 000 FCFA, c'est cher », se plaint-il.
La cherté de ces objets d'art et d'artisanat se justifie par le travail qui est « très dur », justifie Omar, un peintre. Cet homme, la trentaine, travaille sur l'île depuis quelques années, pourtant il n'a jamais baissé le prix de ses produits. « C'est du bon boulot », juge-t-il. Sa spécialité, ce sont les toiles. Des tableaux évoquant l'abolition de l'esclavage, l'espoir d'un développement durable en Afrique. La cherté des articles, Fatima la justifie par les prix élevés des produits en amont. Mais aussi, des taxes qu'ils versent à la mairie. Propriétaire d'une boutique, elle explique qu'un montant exact ne leur est pas donné parce que tout pouvant varier d'une boutique à une autre.

DISPARITION DE JOSEPH NDIAYE - Une grosse perte pour l'Afrique

« Joseph Ndiaye était une bonne personne et un grand homme », confie un insulaire très proche du vieux, mort il y a un an. L'absence de Joseph se fait sentir dans cette maison. Lors du récit, des gestes d'inattention se font remarquer, certains visiteurs se permettent de détourner le visage. Quand Pa Joe, comme l'appellent certains, parlait, c'était plus attractif. « C'est parce que le discours de Joseph ne laissait pas place à une lueur de déconcentration », explique un visiteur habitué. Nombre de ces visiteurs sont déjà venus le voir. Ils venaient écouter sa voix grave. « Il m'est arrivé de venir à Gorée pour le voir et pour entendre l'histoire de sa bouche. Il le disait si bien. J'avais toujours l'impression qu'il a vécu la traite », confie Jacques. Cet homme qui a beaucoup donné à sa race et qui lui a consacré plus de la moitié de sa vie laisse un vide incontestable dans l'île. « Sa mort est une grosse perte pour l'Afrique entière », répètent visiteurs et insulaires. Gorée semble avoir perdu un grand homme. Et le témoignage de cette jeune femme l'atteste. « Nous étions tous ces enfants. Et il avait un grand cœur », explique-t-elle.

DECOUVERTE - Une île qui a tout d'un petit paradis touristique

Gorée a conservé son caractère authentique du XVe au XVIIIe siècle et rappelle encore l'époque coloniale. « N'avez-vous pas peur que vos maisons vous tombent sur la tête ? » L'ancienneté des demeures pousse à cette interrogation. Insouciants, ils répondent tous la même chose : « Non, les maisons ne vont pas tomber, nos mères sont nées ici. » Des ruelles étroites se signalent. Mais, malgré leur étroitesse, ces artères donnent droit à de belles promenades. Sur le sable brun, sous un soleil qui darde ses rayons, les rues portant les noms de différentes personnalités coloniales sont décorées par des artistes. « C'est très joli ici », s'émerveille Alphonse, un Malien.

Ceux qui visitent ce site pour le goût de l'aventure sont servis. Les baobabs offrent parfois de l'ombre aux visiteurs qui craignent des coups de soleil. Sinon, les bougainvilliers servent de couronne à d'anciennes maisons ou deviennent le toit de certaines boutiques. Les filaos tiennent compagnie aux poubelles qui longent chaque mur. L'île tient à sa propreté et satisfait aussi les amoureux de découverte. « C'est le seul endroit où l'on peut passer toute une journée à visiter », se vante Nabou, une insulaire. Parfois, des éclats de rire de visiteurs se font entendre. Ailleurs, ce sont des applaudissements qui jaillissent, dédiés à des musiciens en herbe.

Gorée offre aussi une belle plage avec une eau limpide permettant de joyeuses baignades. Face à la mer longeant la berge, des roches basaltiques se dressent et majestueusement des cocotiers ombrent quelques bancs publics. Cet endroit offre des moments de détente, des moments à l'abri des bruits des voitures de la ville. Des parapluies dressés contre le mur ou au milieu de la plage donnent une vision de la mer et une respiration gratuite d'air pur. L'odeur de la grillade des fruits de mer embaume la place. Et, les déplacements des commerçants d'aliments animent le décor. Ils vendent ce que préfèrent les étrangers, notamment des cacahuètes et autres noix de coco. Le nez est loin du gaz des pots d'échappement de voitures. Car, tout simplement, il n'y a pas de voitures à Gorée. Mais, l'absence insolite de moyens de transport routiers ne gêne en rien les insulaires. « Il n'y a pas de trajet qu'on ne puisse pas faire avec les pieds. Les maisons ne sont pas trop éloignées les unes des autres », explique Maïmouna.

La restauration est aussi très originale avec des plats typiquement sénégalais, dont les sauces très épicées, comme en raffolent les blancs. Cette restauration respecte aussi les normes d'un repas digne de ce nom. Les étapes se succèdent et le menu affiche le tout. C'est-à-dire, l'entrée, le repas et le dessert. Tout est parfaitement à la guise du client.

Malgré son passé tragique, une ville s'est formée avec toutes les institutions. De la mairie à un poste de police en passant par les maisons religieuses (mosquée et église). Gorée n'envie en rien la capitale sénégalaise. « Nous ne manquons de rien, c'est presque comme Dakar », argue un maître nageur. Certes, il n'y a pas une vraie boîte de nuit, mais les Goréens et autres touristes désireux d'ambiance nocturne peuvent organiser des soirées discothèques au centre. « C'est un lieu très disponible », renseigne le gestionnaire. La concurrence des réseaux de télécommunications se fait aussi remarquer par les affiches publicitaires qui peignent les contours des arbres et les façades des murs. Cette île n'est pas non plus à l'abri des délestages. Et c'est plus déplorable quand le son des djembés vient perturber les gens. Une pensionnaire d'une auberge se plaint. « C'est parce que nous avons une fête et il n'y a pas d'électricité. Donc, les djembés assurent l'animation », se défend la gérante.

RESSENTIMENT DES VENDEURS

« Les guides sont méchants, ils apprennent aux Blancs à marchander »
Le marché des artistes connaît des perturbations. Leurs recettes journalières diminuent de jour en jour. « C'est parce que les Blancs marchandent trop ». En effet, ce phénomène s'explique, selon eux, par la méchanceté des guides. De plus en plus, les étrangers discutent du prix de tous les objets qu'on leur présente. Henriette désiste sur l'achat d'un collier de perles, parce que n'étant pas tombée d'accord avec la vendeuse sur le prix. Elle se tourne vers une autre boutique et tente sa chance. Elle n'est pas la seule touriste à prendre conscience de ce qui se trame habituellement au moment des achats. Ils ont appris à connaître les prix et cela avec l'aide des guides, d'après les vendeurs. « Avant de venir, mon cousin qui est déjà venu deux fois, m'a dit que tous les objets proposés à 1 000 FCFA ne coûtent que 300 FCFA en réalité », lance Henriette pour expliquer sa fermeté face à la vendeuse. De leur côté, les guides insulaires, pour la plupart, se défendent du mauvais coup que leur font les antiquaires. « Les vendeurs sont très gourmands. Ils veulent rouler les Blancs et cela n'est pas normal », explique Amadou. Avec ses rastas et des muscles qu'il cache dans un ensemble bleu marine, ce jeune homme a le profil d'un vrai guide. D'ailleurs, son métier a une influence sur son style : « lu waay di wooté da kooy niru » (il faut prêcher par d'exemple).

TARIFS DES OBJETS - Des prix à la…race du client

A Gorée, le prix des produits semble varier suivant la nationalité ou le teint du client. Dans l'alimentation, les oeuvres d'art ou même l'hébergement, les prix s'élèvent parfois de manière surprenante. Le prix de ce collier sert d'exemple au constat général. A une personne de nationalité autre que sénégalaise, il est multiplié par deux voire trois. « C'est 15 000 FCFA pour un Sénégalais, 20 ou 25 mille pour les étrangers, mais pour les Blancs cela peut-être plus cher», renseigne Nabou, gérante de magasin. Ces tarifs sont aussi appliqués à certains Sénégalais.

Quand certains parlent de produits touristiques, d'autres déplorent la cherté de la vie à Gorée. Sur cette île, les choses sont beaucoup plus coûteuses qu'en ville. « Le poisson coûte cher par là, même s'il est péché dans l'île. Je pense que c'est à cause du tourisme », argue Ndeye Fatou, une femme au foyer. Très au fait du panier de la ménagère, elle estime qu'il y a de quoi s'alarmer par rapport à cela. Cette élévation du prix des produits et de la nourriture est un frein à l'épanouissement des habitants. A l'instar de la jeune dame sous l'arbre à palabre, on se défend de s'adonner à certaines dépenses. La vingtaine, elle ne pense pas dépenser un sou pour un shopping dans l'île. D'ailleurs, comme il le laisse entendre, rares sont ceux qui, sur cette île, se retrouvent dans la clientèle potentielle des vendeurs de l'île. Ce ne sont pas les bijoux encore moins les meubles qui peuvent les pousser à débourser. « Les temps sont durs », affirment-ils. C'est la raison pour laquelle, la majeure partie des Goréens fait ses courses à Dakar.

ETHNIES ET LANGUES - Un idéal de melting-pot réussi

Gorée regroupe toutes les ethnies. Les races aussi. Diolas, Sérères, Wolofs, Lébous, bref tous les dialectes y sont parlés. Les races aussi se distinguent. Des Blancs achètent des maisons et les louent. C'est un commerce fructueux qui a appris à se développer depuis quelques années.
Au-delà de ce métissage culturel et social, Gorée vit dans une parfaite cohésion entre ses habitants. D'une part, elle se traduit par l'étroitesse des lieux, d'autre part par l'ancienneté de la proximité entre les familles. Chez certaines personnes, on nous apprend que le mariage entre Sénégalais et étrangers est devenu chose naturelle dans cette commune. « Cela ne dérange pas, car nous avons tous des grands-parents signares qui sont des métisses », rapporte Alima. Maigrichonne, teint clair, avec un visage bien modelé, elle juge que la cohabitation est réussie. Des salutations par-ci, par-là, tout le monde se connaît à Gorée.
A chaque dizaine de mètres, des discussions vont bon train entre hommes, femmes ou enfants. Cette bonne entente s'explique par l'existence de cours communes. Comptant plus de 200 maisons, elles ne sont pas construites sur des terrains différents. Les maisons sont toutes entrelacées les unes aux autres. Ce sont de véritables casernes, trois à quatre familles se regroupent dans une même cour et la cohabitation se fait de façon aisée. Nombre d'insulaires sont musulmans. Même si on compte beaucoup de catholiques. Cette  laïcité renforce les rapports humains et n'enfreint en rien la bonne ambiance régnant sur l'île.
Des Dakaroises y travaillent comme domestiques et leur insertion s'est faite très facilement. Elles sont nombreuses à se rendre chaque matin à Gorée ou à y élire domicile, afin de bosser comme techniciennes de surface dans les restaurants. C'est le cas de Nabou, serveuse et gérante d'auberge. « Ici, se félicite-t-elle, les gens sont très gentils et je connais beaucoup de monde. Je me sens chez moi. » Une sensation de bien-être l'empêche de rendre visite, comme elle le voudrait, à ses parents. « Je vais chez moi, mais seulement pour les fêtes. Sinon, je reste ici. » Cette jeune femme n'est pas la seule. Ici, les patrons payent mieux. Elles ne précisent pas le montant de leurs salaires. Toutefois, elles crient à qui veut l'entendre qu'à Gorée, on vit bien. « La paix et la sérénité avec nos familles adoptives nous importent beaucoup », ajoute Magou.
En plus de cela, la sécurité dans le vécu quotidien des insulaires est une valeur forte. On ne craint pas les agressions, encore moins tueries comme on en voit à Dakar ou ailleurs. Cela constitue incontestablement un avantage. L'insécurité n'est pas crainte, tout le monde connaît tout le monde.

ENVIRONNEMENT - Sous la menace de l'érosion et des ordures

L'érosion et l'avancée de la mer ne semblent gêner en rien les habitants. Pourtant, Gorée est très menacée. Surtout dans la partie basse, de l'île où la végétation est absente. Les surfaces ne sont pas protégées. Ce qui permet l'avancée de l'eau et du vent. Autre problème : l'exode de la jeunesse masculine qui se rue vers Dakar, la capitale, à la recherche d'emploi. Le manque de camions de vidange est aussi une difficulté pour l'île. « Les ordures sont jetées dans l'eau », rapporte Nabou.

27 MARS 2010 WALF GRAND-PLACE

 

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