Parc national de la Basse Casamance - Les dernières biches-cochons d'une forêt interdite


Cinq mille hectares de faune et de flore échappent au contrôle des autorités du parc national de la Basse Casamance. Dans cette forêt, c'est la loi de la jungle. Les plus forts éliminent les plus faibles. A l'image de la coupe irrationnelle du bois, il y a également des dizaines de biches abattues abusivement par des braconniers qui écoulent la viande de brousse sur le marché local. Des espèces comme la panthère, laissées à leur propre sort, sont en voie de disparition. Une situation de non-loi à laquelle s'ajoute un problème d'insécurité avec une présence d'éléments armés qui écument le parc et ses environs.

Les hommes ne sont pas les seules victimes des bandes armées qui sèment la mort dans la belle forêt de Casamance. L'espace animale paye également un lourd tribut dans ce conflit qui dure depuis près de trois décennies. Le parc national de la Basse Casamance est la zone où le braconnage animalier est pratiqué à côté de celui des produits issus de la forêt. La coupe abusive du bois est pratiquée à une grande échelle. Et les réseaux démantelés de temps à autre par les services de sécurité ne sont que la partie visible de l'iceberg. Le phénomène va au-delà. Et l'ampleur a fini de gagner les autres pays limitrophes du Sénégal.

Dans ce braconnage qui rien ne semble pouvoir arrêter, l'espèce la plus prisée est la biche-cochon (Céphalophe de Grimm). Les populations en raffolent du fait de la douceur de sa viande. Résultat : c'est à un véritable « génocide » que se livrent les braconniers puisqu'on abatant ces biches-cochons, ce sont des progénitures d'à peine quelques mois, qui sont éliminées. Ce qui inquiète le conservateur du parc de la Basse Casamance, Abdou Aziz Diédhiou. « Au fil du temps, on risque de perdre plusieurs espèces dans cet écosystème. Ce qui est bizarre, c'est que les populations consomment celle viande sans sourciller avec tous les dangers qu'elles peuvent encourir sur le plan sanitaire. C'est un phénomène que nous avons du mal à endiguer », se désole-t-il. Un exercice parsemé d'embûches, faute de ressources humaines. L'effectif du parc national de la Basse Casamance est de six personnes dont deux conservateurs, deux agents techniques et deux gardes.

Pourtant, le parc qui s'étend jusqu'à la frontière bissau-guinéenne est un environnement hostile à toute personne qui s'y aventurerait. Il est en proie à une insécurité totale due à la présence d'éléments armés qui en ont fait leur repaire et y règnent en maîtres. Classé comme aire protégée depuis le 10 avril 1970, c'est le premier parc national crée au Sénégal renfermant l'un des échantillons les plus représentatifs de l'écosystème guinéen. Dans un contexte de crise, le parc avait été fermé temporairement, en 1993, suite à une attaque des éléments du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) et le personnel de garde redéployé à la direction des parcs nationaux pour raisons de sécurité. Selon le conservateur du parc, « cette situation n'est pas sans conséquence sur la conservation de la biodiversité du parc, avec des infiltrations moins contrôlées et sur le développement socio-économique des populations périphériques qui ne bénéficient plus des retombées touristiques et de gestion du parc. » « Cependant, dit-il, avec la stabilité notée depuis un bon moment dans la zone d'Oussouye, des agents ont été affectés sur place pour étudier les modalités d'une reprise des activités de gestion du parc afin de sauver la biodiversité qui l'habite encore. »

DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE - Intégrer le parc dans son milieu environnemental

Pour une prise de conscience effective de l'approche d'une gestion concertée, il a été question de gérer le parc national de Basse Casamance en ne l'isolant pas de son milieu environnant et d'intégrer harmonieusement toutes les dimensions sociales, culturelles et cultuelles qui devront caractériser sa gestion. Ainsi, des actions ciblées par les responsables du parc sont, entre autres, le développement d'activités génératrices de revenus à travers la mise en place de la case des écogardes. A ce titre, le conservateur explique : « Ces cases installées dans chaque village périphérique du parc serviront d'abord de lieux de rencontre des écogardes et de tous les jeunes du village. Equipées entièrement, elles vont permettre le développement d'activités génératrices de revenus à travers la restauration, la vente de rafraîchissement, la valorisation de la culture locale traditionnelle. Ceci permettra non seulement de renforcer les relations entre habitants du village, mais aussi et surtout de donner aux jeunes des sources substantielles de revenus. » Il s'y ajoute la promotion de l'élevage de gibiers avec la création de filières en rapport avec les propriétaires de réceptifs installés dans la zone. Dans cette optique, les techniciens des parcs nationaux visent également à favoriser le développement d'une véritable entreprise écotouristique basée sur la valorisation du savoir local traditionnel, l'exploitation du potentiel culturel et cultuel, l'identification des circuits écotouristiques potentiels au niveau des villages.

GESTION CONCERTEE DU PARC - Un Gie pour préparer la réouverture

Les populations d'Oussouye veulent aller au plus pressé. Pour elle, l'urgence est de sauver le parc national de la basse Casamance. Depuis le 22 février 2001, et conscient des énormes potentialités écologiques, culturelles et socio-économiques du parc, un personnel a été mis en place à Oussouye pour mener des activités de sensibilisation et travailler pour une réouverture très prochaine de ce beau sanctuaire naturel. Ainsi, dans le souci de sauver et de préserver rapidement la biodiversité, des multiples agressions et d'impliquer les populations périphériques à la gestion des ressources du parc, le lieutenant Abdou Aziz. Diédhiou, agroéconomiste et forestier, et son équipe ont facilité et accompagné la mise en place d'un Gie des écogardes du parc. Il s'agit essentiellement de jeunes habitants des villages périphériques du parc que sont Boukitingho, Emaye, Siganar, Santhiaba Manjacque, Kahème, Effock et Essaout. Ces derniers ont été formés dans l'identification et le suivi des espèces et s'activent bénévolement dans le suivi écologique de la faune aviaire et terrestre ainsi que de la flore sous l'encadrement des agents, à travers le remplissage périodique de fiches de suivi mensuelles.

De ce fait, les jeunes abattent un travail appréciable sur le terrain au niveau du suivi écologique des espèces. Ce, en remontant les informations collectées sur le terrain. Dans le bénévolat, le principe qui anime ces écogardes est basé sur la pleine conscience de l'intérêt du parc pour la région et le Sénégal. Le modèle de gestion qui est mis en place autour de la gestion du parc national de Basse Casarnance s'appuie sur une approche basée sur la cogestion locale des ressources naturelles. Elle consiste à partir de la périphérie par le développement et le déroulement d'un plan de communication et de sensibilisation des communautés, la capacitation des acteurs par l'apprentissage par l'action, la responsabilisation des communautés et l'identification d'activités de développement durable.

Le parc est à cheval entre deux communautés rurales et la population autochtone est composée à 95% de Diolas. Ceux-ci pratiquent une agriculture et une pêche purement traditionnelles. A cela; il faut ajouter un élevage de petits ruminants en plus de la récolte du vin de palme.

01 JUILLET 2010 WALF GRAND-PLACE

 

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