Tambacounda : les autorités pour l'implication des riverains dans la gestion du Niokolo Koba


Les autorités du Parc national du Niokolo-Koba (PNNK) et l'administration ont suggéré, samedi à Dialacoto, l'implication des populations riveraines dans la gestion de cette réserve de 913.000 hectares, à cheval sur les régions de Tambacounda, Kédougou et Kolda, afin qu'elle retrouve son lustre d'antan.

Le capitaine Mamadou Sidibé, conservateur du PNNK a, dans son état des lieux de la situation du site, évoqué les contraintes relatives à la "faible implication des populations riveraines dans la gestion du Parc", à l'insuffisance de moyens financiers, logistiques, au "sous-effectif du personnel, ne dépassant pas la centaine sur un besoin d'au moins 500 agents".

A cela s'ajoute l'inaccessibilité de certaines zones, l'ensablement du réseau hydrographique, la colonisation des mares par des plantes envahissantes comme le mimosa pigra, le "manque de professionnalisme" des guides touristiques et l'insuffisance des moyens de surveillance.

Il s'exprimait lors d'un forum du parc national Niokolo Koba et des populations riveraines, en présence des chefs de villages concernés, des autorités administratives et des élus de Dialacoto et Missirah. Cette rencontre organisée après celle de Kédougou, vise à conférer au PNNK sa place de patrimoine mondial et de réserve de biosphère.

Les populations vivant dans les environs du PNNK sont estimées à plus de 100.000 personnes, disséminées dans 350 villages et hameaux et réparties entre 14 communautés rurales des régions de Kédougou, Kolda et Tambacounda. Créé en 1954, le parc couvre une superficie de 913.000 hectares depuis 1969. Il a été classé comme site du patrimoine mondial et réserve de biosphère depuis 1981, avant d'être inscrit sur la liste des sites du patrimoine mondial en péril en juillet 2007.

Plus de 1500 espèces de plantes ont été recensées dans le Niokolo Koba, a relevé l'adjoint au gouverneur, Amadou Bamba Koné, ajoutant que selon la monographie nationale de la biodiversité, la faune du parc est composée d'environ 80 espèces de mammifères, 330 espèces d'oiseaux et 36 espèces de reptiles sans compter les 60 espèces de poissons et les 20 espèces d'amphibiens. "C'est dire donc que sa diversité des espèces animales est la plus importante du pays", a-t-il noté.

Le Niokolo Koba est également une "partie importante du bassin versant du fleuve Gambie", qui renferme à lui seul plus de 78% des forêts galeries du pays, a-t-il poursuivi en citant la FAO.

"Sur le plan économique et social, le parc aussi joue un rôle important dans le développement de ces trois régions. Rien que dans le domaine du tourisme de vision, ce secteur constitue une source d'emplois et de revenus à travers l'installation de structures hôtelières, le guidage au profit des populations de ces trois régions là", a-t-il souligné.

Les populations riveraines en tirent des ressources qui leur servent de matériau de construction, comme le bambou et la paille, ou encore de subsistance, tel que le miel et les produits halieutiques, a-t-il expliqué. "Le rôle fondamental à la fois écologique, économique et social que joue le parc dans ces (trois) régions ne saurait être relégué au second plan", a-t-il estimé.

Amadou Bamba Koné a évoqué la nécessité d'un cadre de concertation regroupant les gestionnaires du parc, les populations riveraines, les autorités administratives et les acteurs du développement, afin d'identifier les différents problèmes liés à la conservation et à la protection du parc, et chercher des solutions pour prendre en charge certaines préoccupations de développement des communautés locales vivant à sa périphérie.

"L'un des paradigmes de ce 21ème siècle est sans nul doute le concept de développement durable qui pose une question fondamentale à savoir comment concilier les besoins de développement socio-économique aux exigences de préservation de notre environnement", a souligné M. Koné.

Le parc est confronté aux changements climatiques , combinés aux pressions humaines, à l'occupation de l'espace, au braconnage, aux feux de brousse, aux défrichements et à l'extension des terres de cultures, en plus de la pression pastorale et de la transhumance, qui ont conduit à une "dégradation avancée des valeurs universelles exceptionnelles du parc", a déploré l'administrateur civil.

"C'est ainsi que nombre d'espèces vivant à la limite septentrionale de leur aire de répartition en Afrique sont devenues rares et sont aux portes de l'extinction' ', a-t-il dit, citant parmi elles, notamment l'éléphant, le chimpanzé, l'élan de derby, le lion, le bubale, etc.

16 JANVIER 2011 APS

 

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