PARC DE DJOUDJ : le paradis des oiseaux


Véritable paradis des oiseaux, le parc du Djoudj est le troisième parc ornithologique du monde. Situé à 60 km au nord de Saint-Louis sur un des méandres du fleuve Sénégal, le Parc national de Djoudj est classé patrimoine mondial par l’Unesco.

Il englobe une partie du fleuve, avec de nombreux canaux, criques, lacs, bassins, marécages et bouquets de roseaux, ainsi que les zones environnantes de savane boisée. Créé en 1971 sur une superficie de 16.000 ha et il s’étend aujourd’hui à 15.000 ha, selon le conservateur, le lieutenant-colonel Ibrahima Diop. Le parc dispose d’un plan d’eau permanent, ce qui attire divers oiseaux. Chaque année, environ 3 millions d’oiseaux transitent par le parc où près de 400 espèces ont été dénombrées. Une espèce dite phragmite aquatique presque en voie de disparition vient nicher au Djoudj. On la retrouve principalement en Russie, en Biélorussie et en Pologne. Le colonel Ibrahima Diop trouve qu’il faut une gestion combinée des zones humides. Patrimoine mondial de l’UNESCO, Djoudj renferme de colonies entières de pélicans et de flamants roses. On y retrouve d’autres espèces d’oiseaux comme le héron pourpre, l’aigrette, le jacana, la spatule, le cormoran, le marabout. Entre novembre et mai de chaque année, des oiseaux migrateurs fuyant le froid européen, des échassiers et plusieurs espèces de canards viennent y nicher. Il y a aussi des mammifères, des reptiles, des chacals, des singes, des hyènes, des phacochères et des gazelles.

Forte présence des plantes aquatiques

Aujourd’hui, le milieu a beaucoup évolué, avec l’avènement du barrage de Diama aux eaux douces. La crue ne remonte plus avec le barrage anti-sel. Selon le colonel Ibrahima Diop, le seul inconvénient est l’explosion des plantes aquatiques qui envahissent le parc d’où la perte d’importants espaces pour les oiseaux. Avec les nombreux efforts de l’Etat du Sénégal par le biais du ministère de l’Environnement, des mesures sont prises pour lutter contre les plantes aquatiques envahissantes. « Nous cherchons à reconquérir l’espace avec l’appui des projets Gestion Intégrée des Ressources Marines et Côtières (Girmac), Compact du Fonds mondial pour l’environnement (Fem) et de l’Etat qui a dégagé un budget pour améliorer le circuit touristique », révèle le conservateur national. D’ailleurs récemment l’Etat du Sénégal avec l’appui de la Banque africaine de Développement (Bad) a engagé plus de 2 milliards de FCFA pour la lutte contre les plantes envahissantes dans la zone.

Cette zone humide de la réserve biosphère du Delta bénéficie également de l’appui de l’Union mondiale pour la protection de la Nature (Uicn). Pour lutter contre les plantes aquatiques envahissantes, des groupements d’intérêt économique (Gie), des éco-gardes et la population constituent la main d’œuvre. « Avec des faucilles, des haches et des gradeurs, nous nettoyons les mares et installons des canaux pour faire venir l’eau », soutient Ibrahima Diop. Cette circulation de l’eau permet à Djoudj de reprendre sa vocation de parc national.

Djoudj reçoit près de 3 millions d’oiseaux dont 366 espèces. Il est ouvert du 1er novembre au 31 mai de chaque année et reçoit des milliers de touristes étrangers. Par exemple, en 2000, 9.112 touristes ont visité le parc contre 12.219 l’année dernière, soit une nette augmentation. Pendant l’hivernage, l’accès est difficile, les routes n’étant pas bonnes. On peut y être coincé pendant 48 heures ou plus en cas de fortes pluies.

Au plan économique, les retombées sont énormes. C’est le cas en 2008 où toutes les recettes confondues étaient estimées à 38 millions 444.000 FCFA. C’est l’un des parcs les moins chers du monde où l’accès est de 2000 FCFA par personne (presque 3 euros) et 5000 FCFA par véhicule de séjour. Une visite guidée par les pirogues gérées par les populations à raison de 3000 FCFA par personne permet de faire un tour de 7 km pour retrouver le nichoir des pélicans. Durant la bonne période, l’embarcadère grouille de monde avec des pirogues qui permettent de découvrir la zone où plusieurs animaux cohabitent. Pendant les vacances, en période hivernale, pas une seule trace d’eau à certains niveaux. On y circule librement en voiture, seuls quelques animaux divaguent ou cherchent où s’étancher leur soif.

Face aux difficultés d’accès, les visiteurs y vont de moins en moins à partir du mois de juin. Du côté des Sénégalais, en 2008, seuls 1136 résidents ont été enregistrés et 820 élèves et étudiants dont des spécialistes de la filière sciences de la terre. Cette année, ils étaient 352 élèves et étudiants. La station biologique du parc les accueille à des prix forfaitaires de 7 000 FCFA la journée. Il s’agit de la dépense quotidienne pour bénéficier de repas et du couchage. Cette station reçoit fréquemment des étudiants européens en année de recherche.

Forte implication des populations locales

Cette forte implication des populations locales, aux yeux du Conservateur Ibrahima Diop, permet d’avoir de bons résultats face au braconnage. La pêche et la chasse y sont interdites. « Nous les impliquons dans la surveillance et l’exploitation touristiques grâce à l’Uicn qui les appuie ; un campement, des pirogues et une boutique artisanale tous fonctionnels ont vu le jour », soutient le lieutenant-colonel Ibrahima Diop qui ajoute que la formation des éco-gardes est assurée par ses services.

Selon les saisons, les populations locales bénéficient de recettes entre 15 et 20 millions FCFA tandis que l’hôtel géré par un privé pourrait se retrouver avec quelque 70 voire 80 millions de FCFA l’an. Sur la formation reçue par les éco-gardes au nombre d’une trentaine de personnes, le conservateur souligne qu’avec l’appui d’organisations non gouvernementales, ces éco-gardes sont en mesure de connaître les infractions, d’assimiler quelques notions pour lutter contre le braconnage et d’acquérir quelques techniques de sensibilisation. Parmi eux, on retrouve de jeunes volontaires dont 14 femmes. Les âges varient entre 25 et 60 ans.

Un des problèmes auxquels le parc est confronté, c’est le manque de ressources humaines. Avec 25 agents de l’Etat en 2002, on constate aujourd’hui un dépérissement avec les départs à la retraite d’ici à 2011. « Nous nous attendons à d’importantes saignées et il faut nécessairement un recrutement massif », explique le conservateur. L’importance de cette zone, selon le lieutenant-colonel Ibrahima Diop, est que les oiseaux ont leur place dans la biodiversité. Ceinturé par des aires de riziculture et la zone de chasse, Djoudj accueille des oiseaux qui se nourrissent de poissons. L’envahissement de l’espace par les plantes aquatiques constitue un véritable danger, car s’il n’y a plus de place, les oiseaux vont migrer ailleurs.

Sur la promotion de la destination du parc de Djoudj, son conservateur déclare qu’il faut une étroite collaboration entre les ministères de l’Environnement et du Tourisme.

25 JUILLET 2010 LE SOLEIL

 

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