GIE DES FEMMES DE POPENGUINE : Des militantes de la protection de la nature d’un type nouveau


Leur regroupement a été lancé un an après la réserve, elle-même créé par décret en 1986, les femmes de Popenguine réunies en Gie, présidé par M. Oulimata Thiaw, ont décidé depuis lors de s’organiser et de collaborer avec la direction des parcs nationaux.La sensibilisation des populations sur la nécessité de protéger la nature et de la défendre pour bénéficier de ses bienfaits, c’est un combat dans lequel les camarades d’Oulimata se sont pleinement investies depuis des années.

A l’époque de la création de la réserve naturelle de Popenguine, nous étions 149 femmes et il y avait un homme, Jean Marie Ciss, qui avait rejoint notre combat et accepté d’être avec nous », se rappelle, Oulimata Thiaw, la présidente du Gie des femmes de Popenguine pour la protection de la nature. Ce bout de femme est devenu, par la force des choses, une sorte d’égérie de l’environnement dans la localité de Popenguine.

Pionnière de la protection de l’environnement, elle a conduit plusieurs actions dans ce sens. Ancienne présidente de la Communauté rurale de Ndiass (dont dépendait Popenguine avant 2008), elle avait bénéficié dés 1997, d’une formation sur « la décentralisation », à l’Université de Boston. Dix ans plus tard, c’est à Washington qu’elle s’est rendue pour se former à la santé communautaire.

Oulimata est en quelque sorte l’historienne de la lutte contre la dégradation de l’environnement à Popenguine. En 1995, souligne-t-elle, nous avons évalué les acquis avec les parcs nationaux et nos conseillers. Nous avons poursuivi la sensibilisation, avec l’appui du Fond mondial pour l’environnement. C’est en 1996 qu’un protocole d’accord a été signé par les Gie et les parcs nationaux pour entreprendre une co gestion.

3 ha de terres avaient été alloués aux femmes en vue de la construction d’un campement touristique intégré, c’est Keur Thioupam, 5 cases et un grand dortoir de 24 lits actuellement. Son but principal était de satisfaire une demande d’hébergement et d’accueil de plus en plus pressante et surtout de permettre avec les ressources générées, de soutenir l’engagement des femmes dans la réserve.

Gestion de la nature et développement durable

L’idée du campement, raconte Oulimata Thiaw, est venue naturellement, parce qu’on n’avait pas où recevoir nos visiteurs, comme le célèbre animateur de l’émission sur l’environnement et la nature, le français Nicolas Hulot.

Il est venu plusieurs fois et il a fini par nous soutenir pour financer ce campement. Nous avons, depuis lors, fait du chemin et notre Gie a été primé deux fois. Nous avons été classés 7e mondial en matière de gestion de l’environnement. En 2008, j’ai été en Europe pour retirer le Prix de l’Equateur qui nous était attribué en tant que « Meilleur association de protection de la nature ». Un collectif des Gie pour la protection de la nature et le développement durable a été créé dans cette lancée.

Il regroupe exactement 1555 femmes des 8 villages de Popenguine, Ndayane, Guéréo, Popenguine Sérer, Kignabour 1 et 2, Sorokassap et Thiafoura, annonce Oulimata. Il bénéficie de l’appui de partenaires tels que le WWF (Fond mondial pour l’environnement, et la structure de gestion intégrée des ressources maritimes et côtières, organe de la Wetlands International qui a appuyé cette année le développement du pare feux de la réserve.

Les femmes du Gie ont été formées afin de pouvoir entreprendre toutes les actions de protection de leur environnement. Les femmes travaillent en ce moment sur un objectif, la gestion de l’environnement. Dans ce but, elles entretiennent le pare feux de 10km qui ceinturent la réserve. Les actions sont multiples puisqu’en dehors du pare feux, les femmes nettoient la plage avec les éco gardes, mais il y a aussi la lutte contre l’érosion hydrique, ces ravinements causés par les eaux de pluies. Ils sont combattus par la mise en place d’un cordon pierreux et l’utilisation des techniques de pépinière. Chaque an, il y a un reboisement avec des milliers d’arbres adaptés tels que l’acacia nilotica (nep nep en langue ouolof), le gommier etc. Les fruitiers sont promis à la vente, d’autres essences servent pour le décor, les prosopis pour les bois de village et les arbres forestiers pour la réserve. « Notre souci permanent est d’assurer la relève avec le corps des volontaires et des éco guides dont le travail est bénévole », confie Oulimata Thiaw. Cependant, les femmes gèrent le campement touristique et arrivent ainsi à générer des ressources, créer des emplois afin de fixer les femmes sur le terrain. Les femmes ont réussi à mettre en place, grâce au financement des partenaires, des banques de combustibles et de céréales (notamment avec le riz local) ainsi qu’une mutuelle d’épargne. Leur préoccupation actuelle est également la gestion des ordures ménagères, bien qu’elles utilisent déjà les techniques de compostage des ordures ménagères d’où sont extraits les éléments non biodégradables. « Nous avons demandé une étude d’impact au ministre de l’environnement pour l’exploitation d’une décharge qui vient d’être autorisée dans les anciennes carrières de calcaire, à la périphérie de la commune de Popenguine. « Ce que nous ne voulons pas dans ce projet, c’est de favoriser un deuxième « Mbeubeuss » (ndlr : cette tristement célèbre décharge de la périphérie de Dakar) insiste Oulimata Thiaw qui sent bien qu’avec les membres de l’association des femmes de Popenguine, elles ont d’autres combats à mener pour sauvegarder leur environnement et leur qualité de la vie.

03 JUIN 2010 LE SOLEIL

 

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