GESTION DES RESSOURCES NATURELLES - De la répression à la participation communautaire


A l’image de l’époque coloniale, la gestion des ressources naturelles au Sénégal fut, durant les trente premières années de l’indépendance, sous la responsabilité exclusive des services techniques de l’Etat. Mais, face aux échecs répétés dans les différentes politiques de conservation, les approches ont radicalement changé. La répression à outrance qui cède progressivement la place à la responsabilité et la participation communautaire deviennent les nouveaux concepts-clés.

Pourquoi changer des politiques qui « marchent » ? Cette question, les autorités de la toute nouvelle République du Sénégal ont dû se la poser au début des indépendances. Surtout dans le domaine de la gestion des ressources naturelles. Au lendemain des indépendances, l’administration post coloniale a jugé opportun de poursuivre les politiques de conservation des ressources impulsées pendant l’époque coloniale. Des politiques dont les principes fondamentaux sont contenus dans ce qui allait constituer le premier code forestier sénégalais de 1935. Et dont le Service forestier national, créé la même année, allait devenir le bras armé. Ce service était chargé, exclusivement, de mener les activités liées à la protection des forêts, aux mises en défens, au reboisement et à l’enrichissement des forêts denses.

Mais, la particularité de ce service résidait dans la sévère application qu’il faisait du code forestier jugé trop répressif – il limitait considérablement l’utilisation par les populations des ressources. Ce code ignorait d’ailleurs largement les systèmes traditionnels de gestion qui, aux yeux des administrateurs, n’étaient pas suffisamment protectionnistes et conservateurs. Résultat : les communautés n’avaient plus d’autorité dans la gestion de ce patrimoine. Cette situation a d’ailleurs perduré durant les trente premières années qui ont suivi l’indépendance avec le service des Eaux et Forêts devenu la principale administration en charge des questions environnementales. Ainsi, de l’ère coloniale à celle qui suit l’indépendance, les populations vivant quotidiennement des ressources ne bénéficiaient ainsi que de l’usufruit de formations forestières gérées par les services de l’État. La production commerciale, exigeant des permis d’exploitation, a été très tôt le fait d’entrepreneurs extérieurs bénéficiant de la citoyenneté française et des droits y afférents tels que les droits civils et le droit de vote contrairement aux communautés locales. Les agriculteurs et les éleveurs ont très vite été exclus des forêts à travers des textes (codes de 1900, 1935, 1965 et 1974) fixant le cadre juridique et réglementaire. « Toujours est-il qu’à cette époque le classement de certaines forêts et l’érection de réserves naturelles ont constitué de véritables politiques de conservation à saluer », estime le professeur Bienvenu Sambou, directeur de l’Institut des sciences de l’environnement (Ise) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

LA PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE, UN CONCEPT CLE

Face aux échecs répétés des principaux programmes – dégradation continue des ressources, accélération de la pauvreté dans les communautés, etc. – et sous l’injonction des institutions internationales avec à leur tête la FAO, la philosophie des nouvelles politiques impulsées dans les années 90 prend en charge, de manière systématique, la « participation responsable » des populations dans la gestion des ressources naturelles. Le nouveau Code forestier adopté en 1995 en sera le cadre juridique et réglementaire. Ce nouveau texte devait, entre autres, impulser une nouvelle dynamique dans la gestion des ressources naturelles : la participation devient un concept clé. Les populations locales sont invitées à prendre part aux efforts de mise en valeur, de protection et de restauration des ressources forestières. Cette nouvelle approche va connaître ses heures de gloire grâce aux textes de la décentralisation adoptés en 1996. Les collectivités locales deviennent alors les principaux acteurs et les centres de décision pour neuf domaines de compétence qui leur sont transférés dont la gestion des ressources naturelles et de l’environnement. Si ces réformes entreprises ont changé le mode d’administration dans les ressources, force est de constater que les résultats sont encore loin des attentes. Pour le Pr Bienvenu Sambou, « les raisons de ces lacunes se situent à plusieurs niveaux. » Pour lui, « l’absence de cadres au niveau des organismes décentralisés, la non-maîtrise des textes par les élus et les populations, l’absence de coordination constituent, entre autres, des défis à relever. »

08 AVRIL 2010 LA GAZETTE 

 

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