La Réserve de biosphère du delta du Saloum

Configuration générale de la RBDS

La Réserve de Biosphère du Delta du Saloum (RBDS) est située sur les côtes de l'Afrique de l'Ouest, au centre ouest du Sénégal, à la frontière gambienne. Elle est localisée entre 13º35 et 14º15 de Latitude Nord et 16º03 et 16º50 de Longitude Ouest. Elle couvre une superficie de 334 000 hectares.

Elle se caractérise par la présence de trois principaux milieux écologiques : un domaine continental riche en forêts et limité dans sa partie basse par la mangrove et les tannes ; un domaine amphibie composé de trois grands groupes d'îles bordés par un réseau dense de chenaux entourés de mangroves ; et un domaine maritime. Ces trois milieux ont des fonctions relativement différentes et sont fortement dépendants du point de vue de leur fonctionnement, leur dynamique et leur évolution.

Le domaine continental est l'habitat principal de la grande et moyenne faune sauvage, il est la principale source trophique (eau et constituants organiques et minérales) des cours d'eau estuariens et de son écosystème mangrove. C'est aussi la zone la plus dégradée de la RBDS, plus de 80% de la superficie est défrichée, l'avancée de la langue salée et des tanns et, la dégradation de la mangrove est très remarquable à ce niveau. L'érosion hydrique drainant une forte proportion de particules sableuses est une menace à long terme pour les écosystèmes vasière-mangrove d'une part, et les galeries forestières d'autre part.

Le domaine amphibie qui constitue l'estuaire et est le milieu principal de reproduction, de nourrissage et de repos des espèces halieutiques et les oiseaux d'eau. Cette richesse est maintenue grâce aux nombreuses vasières, chenaux ou bolongs bordés de mangrove. Les îles et îlots inhabités constituant les derniers refuges de la grande et moyenne faune sauvage.

Le domaine maritime renferme une série d'îlots, de banc de sable et d'importants herbiers. C'est la principale zone de reproduction des oiseaux, les Laridea en particulier. L'île aux oiseaux étant le principal site. Grâce à son herbier, il est le domaine maritime de nourrissage de tortues marines, de crevettes et lieu de convergences de plusieurs espèces halieutiques. Quoique zone de haute importance conservation, il est le premier site de pêche de la RBDS.

Le Climat

Le climat se caractérise par des régimes thermiques et hydriques de type tropical subissant la double influence de la pluviométrie et des effets océaniques en particulier dans les marges maritimes de l'estuaire. Les températures moyennes annuelles se maintiennent autour de 26-31° C. Les normales pluviométriques accusent une nette régression passant de 800-950 mm en 1931-59 à 600-750 mm pour la normale 1960-1989, soit une baisse comprise entre 18% et 24%. Cette baisse de pluviosité est l'un des principaux facteurs de dégradation du paysage de la RBDS et de la perte de biodiversité.

La végétation

Trois types de biotopes sont à distinguer au niveau de la RBDS :
L'écosystème mangrove le long des chenaux dans le domaine amphibie. Les trois principales espèces qui composent cet écosystème sont Rhizphora racemosa, Rhizophora mangle et Avicennia africana. Cet écosystème est le trait de paysage le plus dominant de la RBDS. La mangrove est très dégradée en amont du cours d'eau Saloum et relativement bien conservée dans la zone du delta. Le second biotope est une savane arbustive à arborée, dominée par quelques espèces ligneuses d'affinité soudanienne. Les galeries forestières avec une canopée plus dense et une composition floristique d'affinité guinéenne.

Au total 188 espèces ligneuses (9% des espèces végétales ligneuses et herbacées du Sénégal) regroupées dans 50 familles (30% des familles des plantes supérieures du Sénégal) ont été identifiées au niveau de ces deux derniers biotopes.

La grande et moyenne faune sauvage

Le Parc National du Delta du Saloum (PNDS) présente la plus importante figure en matière de biodiversité.

la Forêt classée de Sangako abrite la population la plus septentrionale de Colobes bais. Les îles non habitées abritant souvent les espèces menacées comme l'île Léba, l'Ile aux Hyènes, l'Ile Yassa, l'Ile Toubacouta, sont parmi les sites de protection des animaux sauvages.

Depuis un certain temps, tous ces habitats subissent une forte dégradation et nécessitent des mesures urgentes pour la conservation de la biodiversité. Les espèces particulièrement menacées sont : le Sitatunga, le Cobe des roseaux, le Céphalophe de Grimm et le Céphalophe à flancs roux pour les antilopes et le Colobe bai d'Afrique occidentale. Cette dernière (Colobe bai) est classée "en danger d'extinction" par l'UICN sur l'ensemble de son aire de répartition en Afrique, et ne survivant pas en captivité, est l'espèce la plus dépendante de la conservation de son habitat (arbres guinéens).

Les oiseaux d'eau

Un total de 122 000 oiseaux d'eau répartie en 95 espèces a été dénombré. Les Limicoles constituaient 65% des oiseaux comptés, les Laridea 27% et les Ardeidea 3,5%. Les espèces les plus abondantes sont le bécasseau cocorli (16%), le bécasseau minute (14%), le goéland brun (11%), le goéland railleur (7%), le gravelot (7%), l'huîtrier pie (3,8%) et l'avocette (3,5%).

La RBDS reçoit plus de 1% de la population du total mondial de 21 espèces oiseaux d'eau et à ce titre remplit largement les critères de zone humide d'importance internationale. Par ailleurs, elle est considérée comme le premier site mondial de reproduction de sternes.

Les ressources halieutiques

Cent quatorze (114) espèces de poissons appartenant à cinquante-deux (52) familles ont été répertoriées dans l'estuaire du Sine-Saloum. Il s'agit essentiellement de formes estuariennes d'origine marine et marine estuarienne.

Les invertébrés marins (mollusques et crustacés) sont représentés par des espèces de grande importance économique, essentiellement destinées à l'exportation. Les mollusques comprennent près de 40 familles et une centaine d'espèces de bivalves, de gastéropodes et de céphalopodes. Les crustacés sont constitués d'une cinquantaine d'espèces de homards, de langoustes, de crevettes, de crabes et de stomatopodes.

Parmi les cent quatorze espèces de poissons répertoriées dans l'estuaire du Sine-Saloum, trente-six (36) s'y reproduisent régulièrement et huit (8) autres exceptionnellement. Quatorze espèces (dont les huit qui se reproduisent de façon exceptionnelle) effectuent leur maturation sexuelle dans l'estuaire et vont se reproduire en mer. Au total donc, cinquante espèces (44% ) au moins se reproduisent ou commencent leur maturation sexuelle dans l'estuaire (voir volume 1).

Comme beaucoup d'estuaires à travers le monde, l'estuaire du Saloum joue le rôle de nurseries pour plusieurs espèces côtières dont certaines ont une très grande importance halieutique au Sénégal. Concernant les espèces en danger, les études n'ont pas encore confirmé des espèces menacées de disparition. Toutefois, une attention particulière devrait être portée sur certaines espèces d'origine marine qui sont fortement exploitées par les pêcheries en mer. Ces espèces sont représentées pour l'essentiel par les sardinelles, les ethmaloses, les mérous, les barracudas et les requins.

L'augmentation de l'effort de pêche lié à l'accroissement de la population de pêcheurs et à l'intensité de pêche peut constituer à terme une menace pour les ressources en présence et par conséquent, cela nécessitera des mesures d'accompagnement.

Les ressources archéologiques

Sur le plan des richesses archéologiques, les fouilles effectuées par DESCAMPS et al. (1977) font état de 96 sites d'amas coquilliers recensés. Actuellement, l'inventaire comprend 218 amas dans les îles du Saloum dont 28 (12,8%) sont porteurs de tumulus.

Malgré leur importance au plan archéologique, les amas connaissent des problèmes de conservation du fait de leur exploitation intensive en carrières par les populations riveraines. Les coquillages font partie des matériaux utilisés dans la construction des routes et des bâtiments.

Les activités socio-économiques dans la RBDS

L'économie de la zone est caractérisée par des activités liées essentiellement aux ressources naturelles. Il s'agit de l'agriculture, la pêche, l'élevage, la cueillette de produits forestiers, le tourisme, l'exploitation du sel et l'extraction du sel et des coquillages. La prédominance de certaines activités est fonction de l'ethnie et du genre.

 

 

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